« Pour entreprendre à l’export, mieux vaut être accompagné »

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Important levier pour la croissance d’une entreprise, l’export ne s’envisage pas au hasard. En Occitanie, cent conseillers du commerce extérieurs (CCE) de la France mentorent les chefs d’entreprises qui souhaitent se lancer. Les conseils de David Elizalde.

Vous représentez les conseillers du commerce extérieurs (CCE) de la France, quelle est votre mission ?
Nous sommes un réseau de 4500 dirigeants ou experts spécialistes de l’export, dans 150 pays, nommés par décret du Premier ministre pour trois ans sur la base d’un critère : avoir de l’expérience à l’international depuis au moins cinq ans, sous forme d’une expatriation ou bien dans le cadre d’un poste résolument tourné vers l’export. En Occitanie, nous sommes cent conseillers, disséminés entre Toulouse (40 %), Montpellier (25 %), Rodez, Perpignan et Nîmes. Ce qui nous caractérise, c’est le bénévolat et l’envie de donner un peu de temps pour partager notre expérience afin d’aider nos pairs. Nous accompagnons et conseillons les entreprises qui souhaitent se lancer à l’international.

Comment les accompagnez-vous ?
Au-delà de l’expérience à l’export, chacun d’entre nous évolue dans une filière ou un secteur spécifique – santé, agroalimentaire, services, etc. – et se positionne donc dans le domaine qu’il maîtrise. Nous faisons aussi partie de l’équipe France Export, pilotée par Ad’occ, et qui regroupe Business France, la CCI, Bpifrance, la Chambre d’agriculture, l’Inpi… Cet écosystème un peu méconnu propose du mentorat et nos conseils sont couverts par le sceau de la confidentialité dans le cadre d’une charte cosignée qui nous interdit de faire du business avec la société mentorée. D’ailleurs, en cas de risque de conflit d’intérêt, le mentor se met en retrait. Outre ces réunions en « one to one » entre le conseiller et le chef d’entreprise, nous nous appuyons sur la force du réseau et, fréquemment, sur les conseillers du commerce extérieur, installés à l’étranger. Nous organisons des afterworks et des bistrots à l’international, consacrés à différents pays.

En Occitanie, quel type d’entreprise fait le plus appel à vous ?
Nous accompagnons une centaine d’entreprises par an, en grande majorité des TPE, PME et des start-up, la moitié sur des missions ponctuelles de moins de trois mois. L’autre moitié sur des périodes plus longues, autour de six mois. Les trois secteurs les plus demandeurs sont l’agroalimentaire (producteurs de fruits, légumes, charcuterie, vignerons, etc.), la santé, avec des biotechs très dynamiques, en particulier à Montpellier, et, enfin, le digital. Nous n’intervenons quasiment pas dans l’aéronautique ni auprès des grands donneurs d’ordre.

Quel est l’impact des taxes douanières américaines sur les entreprises d’Occitanie qui exportent ?
De nombreuses entreprises sont très fragilisées par les taxes douanières imposées par l’administration Trump et l’on voit des chefs d’entreprises qui cherchent à se repositionner dans d’autres pays le plus rapidement possible. C’est une difficulté considérable car cela ne se fait pas du jour au lendemain.
Propos recueillis par Béatrice Girard

Sur la photo : David Elizalde président du comité CCE Occitanie. Crédit : DR.

P.S. :
Cette interview est à retrouver dans notre hors-série Le bon guide des entrepreneurs d’Occitanie 2026, actuellement disponible chez votre marchand de journaux ou bien sur la boutique en ligne de ToulÉco..

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Source : https://www.touleco.fr/Pour-entreprendre-a-l-export-mieux-vaut-etre-accompagne,51389