​​​Le sous-sol du Comminges attire les convoitises pour son hydrogène naturel

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Créée en 2018, la société grenobloise Mantle8 a obtenu en mars 2026 un permis exclusif de recherche de cinq ans pour localiser des concentrations d’hydrogène naturel qui se seraient formées sous le piémont pyrénéen.

Il y a un peu plus d’un an, le Comminges était classé zone d’intérêt par le gouvernement car des gisements d’hydrogène « blanc » ou « natif » - un gaz naturel produit par des processus géologiques sous le piémont pyrénéen - ont été ​détectés. Reste à les localiser. "Les Pyrénées sont très intéressantes", souligne Julien Perrutel, directeur de projets chez Mantle8, société grenobloise fondée en 2018 pour explorer l’hydrogène naturel. "Car avec l’orogenèse – le processus de formation des reliefs de l’écorce terrestre - le manteau très riche en fer s’est placé près de la surface de la Terre, à sept ou huit kilomètres de la couche terrestre. Ce qui permet à l’eau d’infiltration de venir au contact de cette roche. Il se produit alors une réaction : la serpentinisation. Le fer s’oxyde et la molécule va libérer de l’hydrogène. Sur le chemin de migration de cette molécule, on va chercher à trouver un réservoir géologique imperméable, surmonté de couches de sel, dans lequel l’hydrogène va se concentrer."

C’est ​donc la mission à laquelle se consacre Mantle 8 et sa trentaine de salariés. L’entreprise ne part pas de rien. Elle s’est appuyée sur les résultats d’études scientifiques géologiques menées par des chercheurs du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) pour ​lancer une première campagne de terrain validée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). En 2025, autour de Lannemezan (Hautes-Pyrénées), 500 capteurs sismiques, dont le système de déploiement a été développé par Mantle8 via sa filiale Hydrogeco (Hydrogène géologique du Comminges) créée en novembre 2025 et domiciliée à Toulouse, ont été installés pour enregistrer des signaux naturels du sous-sol et analyser sa composition. "Cette campagne a démontré plusieurs éléments : des failles existent et l’activité sismique autour du manteau terrestre est active", assure Julien Perrutel.

​Un atout pour l’industrie ​ ?

​En mars 2026​, l’entreprise a obtenu un permis exclusif de recherche de cinq ans, renouvelable deux fois, pour explorer une surface de 750 kilomètres carrés ​située à cheval entre la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées. Et, elle lançait dans la foulée une deuxième campagne de terrain pour pousser les recherches afin d’identifier cette roche poreuse. Quelque 1500 capteurs ont ​alors été posés en surface ​durant trois mois, tous relevés en juin. Et, les premières imageries des structures souterraines seront disponibles à la fin de l’année.

Quant à l’exploitation de cette richesse dont on n’a pas besoin d’extraire du méthane ou de l’eau à grand renfort d’énergie carbonée ou électrique, elle ​pourrait être un​ atout pour l’industrie si elle était produite à grande échelle.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Un geoscientifique pose des capteurs de façon temporaire. Crédit : Mantle8.

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Source : https://www.touleco.fr/%E2%80%8B%E2%80%8B%E2%80%8BLe-sous-sol-du-Comminges-attire-les-convoitises-de,52713