FiltrOCampus, méthode Miyawaki… Quand la recherche prend ses quartiers à l’université de Toulouse

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Soutenus par la Fondation Catalyses, plusieurs expérimentations à ciel ouvert sont actuellement menées sur le campus de l’université Paul-Sabatier. Ces projets n’ont pas seulement une portée scientifique : ils concourent à améliorer la biodiversité du campus tout en favorisant l’insertion sociale et la pédagogie.

Faire du campus de l’université de Paul-Sabatier un site d’expérimentation à ciel ouvert. C’est notamment l’objet du groupement d’intérêt scientifique Neo-Campus, lancé en janvier 2022.
En son sein, plusieurs projets viennent de recevoir le soutien de la Fondation Catalyses pour être portés et généralisés. C’est notamment le cas du FiltroCampus, de la boucle solidaire ou encore de l’étude des prairies ensauvagées et des forêts Miyawaki.

« Tous ces projets sont en lien avec le thème de la ressource en eau, et nous pouvons les mener grâce au soutien des donateurs de la fondation, EDF et la Banque Populaire Occitane », présente Amandine Carrere, directrice de la Fondation Catalyses. « Mais, pour chaque projet, nous sommes aussi dans une approche transversale, à la croisée des chemins entre la recherche, la formation, l’innovation, l’insertion professionnelle et les sciences. »

Ainsi, le FiltrOCampus est installé sur le campus, tout à côté du bâtiment de l’Irit, l’institut en recherche informatique de Toulouse, qui participe aussi à ce projet : ici, les rejets des bâtiments voisins sont captées pour être recyclées grâce aux bambous et autres plantes qui filtrent l’eau. « Grâce à ce système, on réduit la pression sur la demande en eau potable pour l’arrosage du campus », explique Magali Gerino, professeure en écologie, membre de l’équipe Bioeco. « C’est un démonstrateur qui permet de combler le déficit hydrique estimé à 115.000 m3 par an. » Le FiltrOCampus permet aussi de faire des économies, sachant que la facture d’eau pour le seul arrosage du campus avoisine les 50.000 euros par an.

Des verrous scientifiques à lever

« À terme, on pourrait même utiliser cette eau usée pour irriguer le jardin agroécologique du campus. Celui-ci produit des légumes pour l’épicerie solidaire Le Petit Sab’lé, qui fournit notamment près de 25 tonnes de denrées alimentaires aux étudiants », poursuit Vincent Mataix, ingénieur environnement chez EDF, qui suit ce projet dans le cadre d’un mécénat de compétences avec la fondation. « Mais, avant cela, il nous faut régler le problème de germes pathogènes qui limitent l’usage de ces eaux. C’est tout l’enjeu du projet Boucle solidaire. »

Parmi les autres démonstrateurs, celui des prairies ensauvagées étudie comment la flore sauvage peut se restaurer après une gestion intensive de ces espaces verts. Quant aux forêts Miyawaki du campus, « ce sont plutôt des bosquets », corrige Christophe Andalo, enseignant chercheur à l’université Paul-Sabatier. « On suit individuellement 1800 arbres grâce au concours des étudiants qui sont très motivés par ce projet. »

Les démonstrateurs de Neo-Campus ont fait l’objet d’une journée portes ouvertes le 26 juin dernier. Car, outre la portée scientifique des recherches, ce sont bien les dimensions pédagogiques et sociétales qui motivent les chercheurs.
M. V.

Sur la photo : Magali Gerino, professeure en écologie, explique le principe du FiltrOCampus. Crédit : M.V. - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/FiltrOCampus-methode-Miyawaki-Quand-la-recherche-prend-ses,52452