Cette question de l’information semble au coeur du travail encore à effectuer pour les différents acteurs interrogés. Président de l’ordre régional des expertscomptables, Pascal Castanet insiste sur le rôle de sa profession en matière de conseil et d’accompagnement. « S’ils n’ont pas de prévoyance, c’est nous qui allons pouvoir le détecter dans les comptes et leur demander si c’est normal – parce qu’il faut savoir que certains n’en veulent absolument pas – ou s’ils ne sont pas au courant. » Convaincu de la nécessité de souscrire une prévoyance, il rappelle que la cotisation annuelle est déductible des comptes et qu’en cas de problème, c’est la prévoyance qui va payer. « Si vous êtes malade, ou si vous devez prendre quelqu’un en remplacement, il faut quand même vous payer. Ça va venir en complément et vous aider… surtout si c’est un arrêt de longue durée », éclaire l’expert-comptable. « Au démarrage, certains n’en veulent pas à cause du coût et ils se disent que, de toute façon, ils ne peuvent pas se permettre d’être malades donc que ça ne leur servira à rien. Souvent, ils raisonnent comme ça, à tort. »
Dispositif imaginé par les syndicats patronaux il y a plus de quarante ans, l’association GSC a pour objectif de répondre aux besoins de protection contre le chômage. des indépendants. « C’est un argument pour avoir de nouveaux adhérents », reconnaît Pierre-Olivier Nau.« En entrant au Medef, à la CPME ou à l’U2P, on bénéficie automatiquement d’une assurance perte d’emploi. Cela peut aller jusqu’à 70 % des revenus annuels avec un plafond à 80.000 euros. » « Notre métier est de sensibiliser à ce risque. Pour un travailleur indépendant, cela peut représenter un coût, mais cela engage sa vie, sa famille », martèle Frédéric Malfilatre, d’Harmonie Mutuelle, qui plaide pour une généralisation de la prévoyance pour les indépendants.
Même approche chez Prévifrance, partenaire de plusieurs incubateurs notamment. Avec l’explosion des maladies chroniques liées à la sédentarité, la prévention passe aussi par un encouragement à l’activité sportive. Un travail en amont pour éviter au maximum les risques. Le Medef 31, qui a cofondé la Maison du sport au féminin par exemple, s’est emparé de ces sujets, comme de celui de la santé mentale. Le burn-out, qui guette le chef d’entreprise soumis à de nombreux stress et à une lourde charge de travail, fait en effet partie des risques d’incapacité couverts par la prévoyance. « La mutuelle, c’est une fréquence élevée mais une intensité faible. Au contraire, la prévoyance a une fréquence plutôt basse mais une intensité élevée », illustre Jérémy Dellea.
Paul Périé
Sur la photo : Pierre-Olivier Nau, président du Medef 31. Crédit : DR
