Finance verte : Bienvenue dans la jungle Partie 2

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Depuis quelques années, institutions privées et publiques ont pris le virage de la finance verte, qui vient soutenir la transformation écologique. Mais que se cache-t-il réellement derrière cette appellation ? Éléments de réponse avec des acteurs locaux.

Dans les banques traditionnelles, cette question est également prise en compte. « La transition environnementale est un levier majeur de notre développement, pas une contrainte », assure ainsi Alice Alvarez, directrice développement de la Banque Populaire Occitane (BPO), qui met en avant quelques chiffres. En 2025, plus de 213 millions d’euros de financements verts, soit environ 10 % du financement global, ont soutenu 8000 projets de particuliers et d’entreprises. 186 millions d’euros ont été dédiés à la décarbonation des entreprises. En ce sens, la BPO répond à « une aspiration, une envie très claire des clients ».

La banque s’adapte par ailleurs aux différents profils pour proposer le produit le plus approprié. Son livret de transition énergétique, consacré à des financements verts sur les huit départements que couvre la BPO, est « sans plafond, et sans contrainte », explique Alice Alvarez. Pour ce qui est épargne de projet, le Plan épargne avenir climat, réservé aux moins de 21 ans, est un contrat de capitalisation qui permet d’investir dans des fonds de transition énergétique. La directrice du développement évoque aussi les comptes à terme verts, à moyen terme, ou des fonds à formule plus spécifiques pour l’épargne financière des entreprises. « Nous proposons tout un panel en raisonnant en pyramide de l’épargne », fait-elle valoir.

Financer la transition environnementale serait donc une opportunité ? C’est en tout cas l’analyse de Simon Lolmede, pour qui, dans cette période marquée par de multiples crises, « la seule boussole qui tient, c’est la boussole durabilité ». Il estime que les entreprises qui ont pris en compte des critères d’impact sont aujourd’hui les mieux armées pour faire face aux nouvelles règles du jeu économique (diminution des ressources, énergie chère ou différente…

Et l’action des pouvoirs publics, à l’image de la Banque des Territoires, vient conforter cette vision. « Toutes les natures de financement sont en corrélation avec la transition », affirme ainsi d’emblée Patrick Martinez, son directeur régional en Occitanie. « Dans chaque segment, on regarde la performance environnementale de ce que l’on finance pour que tout ait un impact », poursuit-il, alors que l’institution soutient des projets de logements ou de rénovation des bâtiments, de mobilité, de sobriété foncière, d’ENR ou en lien avec l’eau.

Pour la rénovation des bâtiments publics, par exemple, la Banque des Territoires propose des prêts transformation écologiques sur le long terme, au taux du livret A + 0,5 %. Avec EduRénov, elle a aussi participé à une centaine de rénovations scolaires en Occitanie. « Nous pouvons participer à hauteur de 50 % des coûts d’étude. Aucun banquier ne fait ça », souligne Patrick Martinez. « Nous sommes aussi les derniers banquiers à prendre en compte les risques financiers liés aux hôpitaux et Ehpad », ajoute-t-il. Dans un travail mené en collaboration avec les agences de l’eau, dont l’agence Adour-Garonne, l’institution peut intervenir en tant que prêteur et, parfois, investisseur. L’an dernier, ce sont ainsi près de soixante opérations qui ont été soutenues, dont 7 millions d’euros d’investissement sur le réseau d’eau potable du Gard rhodanien, ou 4,5 millions pour le Grand Narbonne.

Dans les ENR, la Banque des Territoires réalise des investissements en fonds propres ou quasi-fonds propres dans des Sem, preuve de son implication dans tous ces sujets. « Nous conditionnons nos interventions à un niveau de performance », pointe Patrick Martinez, qui se réjouit de voir que les collectivités ont bien intégré le sujet. « L’enjeu a dépassé les clivages politiques et les durées d’amortissement ne sont plus un frein. Il faut aller chercher des durées longues pour des projets vraiment transformants. Il faut faire de la dette saine. »
Paul Périé

Sur les photos :

* Alice Alvarez, directrice du développement de la Banque Populaire Occitane. Crédit : Frédéric Maligne

* Patrick Martinez, directeur régional la Banque des Territoires en Occitanie. Crédit : Sophie Palmier/REA

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Source : https://www.touleco.fr/Finance-verte-Bienvenue-dans-la-jungle,52812