La mobilisation a fini par payer. En réponse aux demandes formulées depuis des mois par l’ensemble des professionnels de la construction, et dans un contexte économique préoccupant, le gouvernement semble enfin avoir pris la mesure de la situation. En 2025, les mises en chantier de logements ont baissé de 22 % en France par rapport à la moyenne des cinq dernières années ; et sur la même période, l’offre locative a, elle aussi, chuté de 15 %. Du côté des bailleurs sociaux, ce ne sont pas moins de 2,9 millions de dossiers qui sont actuellement en attente. En Haute-Garonne, le cap des 60.000 demandes de logement social a été franchi.
Un plan réaliste ?
Le gouvernement Lecornu vient donc de dévoiler son plan Relance logement, pour lequel les décrets d’application sont espérés mi-février. L’objectif affiché est de construire deux millions de logements d’ici 2030, soit 400.000 logements par an, dès cette année. Ceci représente 50.000 logements locatifs, en plus de ceux dédiés à l’accession dans le parc privé, et 125.000 logements locatifs sociaux. Au-delà de « l’effet bonne nouvelle », l’intention est-elle réaliste, alors même que les promoteurs répètent depuis des mois que la machine à produire est cassée et qu’il faudra du temps pour qu’elle redémarre ? « Cela dépend de ce qu’il y a derrière cette annonce », s’interroge Laetitia Vidal, la présidente de la FPI Toulouse Occitanie. « À Toulouse, nous avons sous le coude des permis de construire obtenus en 2025 et pour lesquels les chantiers n’ont pas démarré en raison de la conjoncture. S’ils sont éligibles au plan Relance logement, alors oui, je pense que nous pouvons redémarrer assez vite. Si ce n’est pas le cas, ce sera impossible. »
Le retour d’une niche fiscale
Autre volet important de ce plan de relance, l’adoption du statut de bailleur privé que réclamait la profession depuis des mois pour relancer l’investissement immobilier. Il s’agit en réalité d’un nouveau dispositif fiscal qui viendra remplacer la fameuse loi Pinel, dont l’extinction fin 2024 avait précipité la crise des promoteurs privés. Cette annonce, moins ambitieuse qu’attendue, a quand même été saluée, pour produire « le choc de confiance nécessaire à la relance », dans un communiqué commun rédigé par la profession, sous la bannière l’Alliance pour le logement. À Toulouse, la représentante de la FPI confirme le soulagement des promoteurs. « On l’a tellement demandé que l’on ne peut que se réjouir. Cependant, les 3,5 % de déduction fiscale annoncés sont inférieurs à ce que nous demandions (5 %, NDLR). Ce dispositif reste donc perfectible et nous allons continuer de nous battre. » Plus large que le précédent Pinel, ce statut de bailleur privé sera aussi éligible aux logements anciens, sous réserve de réaliser 30 % du prix investi en travaux, sans condition de zonage. Et il donnera lieu à des loyers plafonnés afin de mettre sur le marché une offre de logements abordables, sociaux et très sociaux.
Les bailleurs sociaux soulagés
Sur le volet du logement social, c’est une enveloppe supplémentaire de 500 millions d’euros qui a été annoncée. Mais, là aussi, les bailleurs restent mitigés, à l’image de Jean-Michel Fabre, le président d’Habitat Social Occitanie. « Globalement, on nous donne enfin des signes encourageants en faveur de la politique du logement, et c’est une très bonne nouvelle. Mais il faut relativiser, car ces 500 millions d’euros annoncés ne sont pas des crédits supplémentaires. Ils proviennent simplement de l’abaissement de la réduction de loyer de solidarité (RLS), que nous réclamons depuis 2018 », pointe-t-il.
Béatrice Girard
Photo d’illustration : Un chantier à Toulouse, quartier de la Cartoucherie. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.
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