Milena Beekmann : « Le bassin du Congo est très important pour la régulation du climat mondial »

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La chercheuse Milena Beekmann, qui travaille au sein du Centre de recherche sur la biodiversité et l’environnement à Toulouse (CRBE), est l’une des trente-cinq jeunes scientifiques françaises distinguées cette année par Le Prix L’Oréal-Unesco Pour les Femmes et la Science. La Toulousaine revient pour nous sur son parcours et ses recherches sur le bassin du Congo.

Milena Beekmann, pourquoi travailler sur le bassin du Congo ?
Le bassin du Congo, c’est une zone qui est extrêmement importante. C’est une immense zone de forêt en Afrique centrale, comprise entre six pays, et la deuxième plus grande forêt tropicale au monde. Elle joue un rôle extrêmement important sur la régulation du climat et sur la préservation de la biodiversité à un niveau mondial. C’est une zone qui était très peu étudiée. Je me suis dit qu’il y avait beaucoup de choses à creuser dans cette région.

Ce que vous apprenez là-bas, vous pouvez ensuite l’utiliser dans l’analyse d’autres zones sur le globe ?
Oui, tout à fait. Mais c’est déjà très important de pouvoir documenter les changements en cours dans cette zone en tant que telle. Ensuite, le type de méthodologie que je développe peut effectivement s’appliquer dans d’autres contextes. Notamment parce que je travaille avec des données très parcellaires et qu’il me manquait au départ de nombreuses données de références. Tout le travail que je fais peut servir d’exemple pour des chercheuses et chercheurs qui travaillent dans d’autres zones peu étudiées auparavant.
Dans le cadre de mes recherches, il peut également m’arriver de comparer ma zone de travail à d’autres, comme évidemment la région amazonienne. C’est la plus grande forêt tropicale au monde et elle est beaucoup plus étudiée. C’est stimulant de pouvoir mettre au jour certaines tendances similaires.

Durant votre parcours, vous êtes passée des sciences humaines à des sciences dites plus dures...
Oui. J’ai toujours été intéressée par les sciences environnementales, mais j’ai commencé mes études à Sciences Po Paris sur leur campus de Nancy. C’était un parcours interdisciplinaire avec un peu de sciences naturelles mais surtout des sciences sociales, effectivement. J’ai bifurqué car il y avait, selon moi, des sujets extrêmement importants à traiter comme la préservation des forêts tropicales et la documentation du changement climatique, qui me demandait des savoirs plus techniques que je n’avais pas encore.

En quoi ce prix Le Prix L’Oréal-Unesco Pour les Femmes et la Science est-il important pour vous ?
C’est une grande reconnaissance de la part de mes pairs. Je pense que ça peut être un vrai boost dans ma carrière. Cela met aussi en lumière mon type d’approche très axée sur le terrain. J’espère que ça ouvrira également la voie à des jeunes femmes qui voudraient se lancer dans un parcours scientifique comme le mien. Ce qui est intéressant, aussi, c’est la discussion entre lauréates. Cela peut faire naître différentes collaborations auxquelles on n’avait pas forcément pensé au début, soit dans nos champs respectifs soit dans d’autres.

Allez-vous bientôt repartir dans la zone du bassin du Congo ?
Oui, je vais me rendre en 2027 au Cameroun et au Gabon dans l’idée de mener des campagnes de terrain dans ces pays. La dotation [1] qui va avec le prix L’Oréal-Unesco va m’aider à lancer ses recherches.
Propos recueillis par Matthias Hardoy

Sur la photo : Milena Beekmann, lauréate du Prix L’Oréal-Unesco pour les Femmes et la Science France 2026, qui travaille au sein du Centre de recherche sur la biodiversité et l’environnement à Toulouse (CRBE) (CNRS, Université de Toulouse, INP, IRD). Crédit : Fondation L’Oréal.

Notes

[1] 20.000 euros pour les post-doctorantes.

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Source : https://www.touleco.fr/Milena-Beekmann-Le-bassin-du-Congo-est-tres-important-pour-la,53812