Pixience ajoute une pincée d’IA dans ses dispositifs d’imagerie médicale

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Le Toulousain Pixience signe un partenariat stratégique avec le Charentais Huvy et équipe ses body mapper d’une IA médicale, capable de repérer les risques de mélanomes. Une première européenne.

Depuis 2012 et sa création entre les murs des Laboratoires Pierre Fabre, la société toulousaine Pixience, spécialiste de l’imagerie dermatologique de haute technologie, a parcouru bien du chemin. « À l’époque, nous étions une équipe de six ingénieurs et chercheurs avec des compétences complémentaires en traitement d’image, mécanique de la peau, interface homme-machine, et nous faisions beaucoup de R&D dans le service d’imagerie cutanée du laboratoire », raconte Sébastien Mangéruca, aujourd’hui CEO de Pixience. « Nous avons conçu un système de calibrage couleur des images que nous avons décliné pour interpréter des pathologies dermatologiques, tels que l’érythème, la dépigmentation, la rosacée… »

Une innovation saluée et soutenue par la direction en interne, qui autorise même les jeunes chercheurs à monter leur propre entreprise pour industrialiser cette technologie encore embryonnaire. « C’était les débuts de Pixience et, deux ans plus tard, en 2014, nous avons commercialisé notre premier dispositif médical, le vidéodermoscope C-Cube, à destination des dermatologues. »

Observer l’évolution des lésions cutanées grâce à l’IA

Labellisée jeune entreprise innovante (JEI), Pixience a bénéficié depuis du soutien de Bpifrance, de la Coface et de fonds régionaux notamment pour mener ses travaux de R&D. Jusqu’à développer, en parallèle de C-Cube, un body mapper qui permet de cartographier entièrement le corps humain. « Cette technologie existait déjà chez nos concurrents, mais ne disposait pas d’IA. La nôtre, couplée au vidéodermoscope et reliée à l’IA certifiée CE IIb (le plus haut niveau), développée par l’entreprise charentaise Huvy, nous différencie », pointe le dirigeant de Pixience.

Face à deux principaux concurrents, détenus par des fonds de pensions américains et anglo-saxons, le fabricant toulousain déploie en effet l’unique dispositif européen capable de comparer l’évolution des lésions prises en dermoscopie. La machine made in France - fabriquée en Creuse - compare leur homogénéité, leur forme, leur symétrie et leurs contrastes ; puis alerte si l’un des paramètres évolue, en donnant trois niveaux de risques.

Pallier le déficit de dermatologues

Avec cette IA de priorisation du risque, Pixience cible le marché des hôpitaux et surtout celui des dermatologues et des généralistes, formés à détecter les lésions atypiques par le biais de la téléexpertise en maison de santé. « Avec Nicolas Dzick, mon associé dirigeant, nous comptons mailler le territoire avec ce dispositif qui ne remplace pas les dermatologues mais vient pallier leur déficit ; et nous tablons sur la commercialisation de vingt machines par an », avance Sébastien Mangéruca.

L’entreprise, qui compte huit salariés, vise ainsi sur un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros d’ici trois ans. Elle prépare par ailleurs une levée de fonds autour de 2 millions d’euros pour 2027 afin de créer deux entités en Italie et en Allemagne qui lui permettront de commercialiser son produit en Europe.
Béatrice Girard

Sur la photo : Sébastien Mangéruca, aujourd’hui CEO de Pixience et son scanner. Crédit : Rémy Gabalda-ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Pixience-ajoute-une-pincee-d-IA-dans-ses-dispositifs-d-imagerie,51493