Avant la présidentielle, Les Entrepreneurs battent la campagne

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Le 21 octobre, le syndicat patronal Les Entrepreneurs (ex-CPME) organisait à Toulouse, sous les anciennes Halles Latécoère de La Cité, la seconde étape de sa grande consultation des entrepreneurs. Le but de ces rencontres à travers le territoire est de faire émerger des propositions à soumettre aux différents candidats à l’élection présidentielle.

À un peu moins de six mois du premier tour de l’élection présidentielle, la campagne est déjà intense et le syndicat patronal Les Entrepreneurs (ex-CPME) veut que ses idées s’y fassent entendre. Depuis le 15 octobre et jusqu’au 15 janvier, l’organisation s’est lancée en effet dans une grande consultation des entreprises dont l’objectif est de faire émerger des propositions concrètes à soumettre aux différents candidats. Plus d’une centaine de réunions publiques sont prévues à travers le territoire.

Après Aurillac, c’est Toulouse qui a accueilli, dans la cadre majestueux mais un peu froid de La Cité, une étape de ce Tour de France à la rencontre des dirigeants de petites et moyennes entreprises. En préambule, Amir Reza-Tofighi, le président national des Entrepreneurs s’est exprimé sur la crise sociale et les nombreuses manifestations de cet automne. « Le pays est traversé de tensions profondes. Mais les commerçants ne doivent pas être les victimes collatérales de cette situation. Si l’État ne peut gérer la sécurité des manifestations, alors il doit les interdire », lance avec fermeté le dirigeant du groupe de services à la personne Vitalliance.

Le président des Entrepreneurs de Haute-Garonne, Nicolas Durand, a lui appelé les dirigeants présents « à davantage faire connaître leurs vision et propositions pour le pays ». « Il faut montrer aux Français que nous portons les bonnes solutions à leurs problèmes. Il faut gagner la bataille culturelle », résume celui qui a notamment fondé Cozynergy.

Des cotisations chômage au télétravail en passant par l’IA

Lors de la soirée, quatre thématiques ont été évoquées (valeur travail, finances publiques et modèle social, grandes transitions, désenclavement). Parmi les proposions remarquables se distingue notamment celle de Christophe Lamarque, dirigeant de Sanizinc, entreprise de Sainte-Foy-d’Aigrefeuille qui réalise des travaux de couverture et de zinguerie. L’entrepreneur propose « de reverser directement aux salariés de secteurs qui sont moins confrontés au chômage une partie des cotisations chômages ». Une manière selon lui « d’augmenter le pouvoir d’achat » de ceux-ci. Clément Lloret, jeune entrepreneur qui a repris la société événementielle L’Orangerie, à Labège, souhaite de son côté que les dispositifs incitant à la reprise d’entreprise se multiplient. « Environ 370.000 entreprises françaises devront trouver un repreneur d’ici à 2030. C’est un enjeu très important. Il faut amener la culture de la reprise dans l’enseignement supérieur privé comme public. Il faudrait aussi plus d’incitations des pouvoirs publics, comme des prêts garantis par l’État », estime l’éloquent vingtenaire.

L’incontournable IA a aussi fait parler d’elle. Antoine Roux, dirigeant de PrintOclock, y voit « un levier pour que l’État puisse faire des économies de fonctionnement et regagne des marges de manœuvre pour des investissements d’avenir ». Pour Arnaud Thersiquel, directeur marketing, communication et développement de TBS Education, il va falloir affronter la révolution qu’elle va engendrer dans le monde du travail en causant la disparition de certains emplois. « Il ne faut pas avoir peur de parler d’un revenu universel. Pour moi, celui-ci, qui remplacera tout ou partie des aides sociales actuelles, devra toutefois être conditionné à une activité associative ou à un engagement pour la société », considère le cofondateur d’At Home.

Certains sujets ont créé du débat, à l’image du télétravail. Anne Mesas, dirigeante de Biova, spécialisée dans la santé du végétal, pointe « le risque de fragiliser le collectif qui forme l’entreprise » si celui-ci prend trop d’importance et se généralise. Au contraire, certains salariés et dirigeants présents saluent « une liberté qui permet de travailler avec les meilleurs collaborateurs, peu importe où ils se trouvent ». Enfin, pour Vesna Pajovic, les dirigeants ne doivent pas oublier « la question du sens que poursuit leur entreprise ». « Les travailleurs veulent comprendre comment ils peuvent s’inscrire dans un collectif et dans quel but ? Ils se demandent s’ils peuvent faire confiance au dirigeant pour bien aller dans sens indiqué ? » Des interrogations très proches de celles des électeurs vis-à-vis des candidats à l’élection présidentielle.
Matthias Hardoy

Sur la photo : Amir Reza-Tofighi, le président national des Entrepreneurs s’est exprimé en préambule de l’épisode toulousain de la grande consultation des entrepreneurs. Crédit : Les Entrepreneurs Haute-Garonne.

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Source : https://www.touleco.fr/Presidentielle-Les-Entrepreneurs-battent-la-campagne,54044