ToulÉco

Publié le lundi 28 mai 2018 à 19h05min par Audrey Sommazi

Toulouse. Axible trace les valises Vuitton sans GPS

La société toulousaine Axible, conceptrice d’objets connectés, s’invite sur le marché du luxe en développant un traceur sans GPS pour géolocaliser les bagages de la marque Louis Vuitton.

Pour ne plus égarer les bagages de ses clients dans les aéroports, Louis Vuitton (groupe LVMH) a confié à la société toulousaine Axible, spécialisée dans la fabrication d’objets connectés pour les professionnels, le développement et la conception d’un procédé. Et dix-huit mois plus tard, les voyageurs peuvent suivre en temps réel le cheminement de leurs sacs grâce à une application sur leur téléphone mobile, le LV Pass.

Comment ? En glissant, et en payant 250 euros, dans sa valise un boitier marron siglé LV dessiné par le designer Australien Marc Newson. Cette barrette d’une dizaine de centimètres est munie d’un capteur de pression qui détecte les phases de décollage et d’atterrissage de l’avion et coupe automatiquement la communication radio durant les vols. Au sol, la puce électronique se connecte à l’internet bas débit du réseau Sigfox qui se déploie dans quarante-cinq pays.

En s’invitant sur le marché du luxe, Axible frappe un grand coup et se place sous les feux des projecteurs. Fondée en 2007, cette société concevait des objets de contrôle d’accès par GSM ( ouverture et fermeture de portails) avant de prendre un virage en 2015. A cette date, le mastodonte de l’internet des objets Robinson technologies entre au capital, devient actionnaire majoritaire et recrute son jeune patron de 40 ans, ancien directeur de projets 3D chez Airbus.

Tour de table de 3 millions d’euros

Outre la fabrication de produits pour le compte de clients, Axible conçoit aussi ses objets, dont elle veut accélérer le développement à l’aide d’une levée de fonds de trois millions d’euros bouclée en juin. Le Qub est l’un d’eux. En tapant deux fois sur chaque côté de cette interface cubique qui se connecte au réseau Sigfox, le salarié peut par exemple réserver une salle de réunion ou commander un taxi. « On paramètre ce produit selon les besoins du client », affirme Cédric Rosemont, qui table sur 20.000 Qub vendus cette année et 40.000 en 2019 uniquement sur le marché français, avant de partir à la conquête de l’international, là où est présent Sigfox.

Ce dernier entend également booster les ventes du capteur multifonctions M’bient, qui connecté lui aussi au réseau Sigfox, peut localiser un colis ou encore indiquer la température d’un carton (utile pour du parfum ou du vin). Les perspectives de développement sont du même ordre que pour le Qub, avance le directeur général.
Pour être compétitif, Axible mise sur des gros volumes de fabrication afin d’afficher des tarifs bas : le prix d’achat d’un objet est inférieur à 40 euros, l’abonnement annuel à 20 euros pour bénéficier de l’internet.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Cédric Rosemont, directeur général d’Axible installé sur le campus de l’IoT Valley près de Sigfox, table sur un chiffre d’affaires de 3,5 millions d’euros en 2018 et vise les 10 millions d’euros en 2020. Crédits : Rémy Gabalda - ToulÉco