Bras de fer chez Airbus autour de la prime de participation

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À la suite d’une vague de débrayages dans les usines d’Airbus en raison d’une baisse notable de la prime de participation, la direction fait un geste : le groupe accorde une aide exceptionnelle dont le montant sera discuté le 27 mai prochain. Les organisations syndicales, elles, restent vigilantes.

Dévoilé le 6 mai, le montant de la prime de participation a mis le feu aux poudres. En 2024, les salariés français d’Airbus – comprendre ceux de toutes les entités du groupe – ont touché 4472 euros en moyenne. Mais, en 2025, la somme a été ramenée à 2057 euros alors que le constructeur est en croissance. En effet, l’avionneur a enregistré un bénéfice de 5,2 milliards d’euros en 2025, en hausse de 23 % par rapport à 2024, porté par la demande d’avions commerciaux et les activités de défense.

Cette baisse significative s’explique par l’impact du taux de change euro/dollar défavorable, avance Airbus, qui rappelle néanmoins que l’entreprise a versé l’intéressement au titre de 2025 à tous les salariés. Il s’élève à 3004 euros pour les salariés de l’aviation civile, à 2353 euros pour ceux de la branche défense et spatiale et 2702 euros pour l’entité hélicoptère. Mais rien n’y fait, la pilule n’est pas passée. Dans la foulée de l’annonce de la direction, un mouvement de protestation s’est enclenché. Plusieurs centaines d’employés ont organisé des débrayages spontanés dans les usines de Méaulte (Somme), Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et Toulouse. « Ces rassemblements ont payé. Ils ont mis la pression puisque la direction a donné un accord de principe pour rouvrir des négociations » le 12 mai, s’est félicité Maxime Léonard, délégué syndical CGT. Mais, en cas d’échec, avaient prévenu FO, CFE-CGC et CFTC « un rapport de force par la grève » pouvait être instauré.

« Si on obtient 400 euros, ça ne va pas le faire »

Dans ce bras de fer, les syndicats ont profité, le 18 mai dernier, d’une réunion sur l’accord de participation pour les trois prochaines années pour revendiquer le déplafonnement de la prime de participation et de l’intéressement et une prime exceptionnelle à laquelle Airbus a consenti « compte tenu des circonstances exceptionnelles affectant le pouvoir d’achat de nos employés ». Les modalités de son versement seront abordées lors des « discussions » prévues le 27 mai. L’entente FO, CFE-CGC, CFDT reste cependant sur ses gardes, se disant « particulièrement vigilante sur la réalité et le niveau des engagements qui seront présentés ». De son côté, la CGT « maintient [s]on appel à la grève à durée indéterminée », a affirmé Maxime Léonard. « Si on obtient 400 euros, ça ne va pas le faire. »
Audrey Sommazi

Sur la photo : Des salariés sur la chaîne d’assemblage Airbus, à Toulouse. Crédit : Rémy Gabalda-ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Airbus-Bras-de-fer-entre-salaries-et-direction-pour-la-prime-de,51841