ToulÉco

Publié le mardi 10 octobre 2017 à 19h00min par Armelle Parion

Les balbutiements du marketing bio dans les coopératives

Malgré la percée des références de vin biologique dans les coopératives, ces dernières peinent encore à communiquer dessus. Certaines accompagnent le développement de la filière.

Dans les Corbières, la première appellation de l’ex-Languedoc-Roussillon, 1282 hectares sont cultivés en bio, soit 12% de la surface totale de l’AOC répartis entre souxante-huit vignerons. vingt-deux exploitations sont aussi en conversion. « Le bio a le vent en poupe, avec une croissance de 3% de la production chaque année », estime Catherine Verneuil, la directrice du syndicat général de l’AOC. L’appellation héberge quelques pionniers, comme le Château de Luc ou le domaine Caraguilhes. Pourtant le marketing n’en est qu’à ses balbutiements. « Nous allons créer une rubrique spéciale sur notre site, et nous ajoutons la mention AB sur nos plaquettes. Il faut en parler, pour que cela fasse effet boule de neige, car cela joue sur l’image de l’AOC ». Mais la directrice tient à ce que le passage au bio « appartienne à la stratégie de chacun », car de nombreuses contraintes pèsent déjà pour respecter du cahier des charges de l’AOC.

Même prudence du côté de Saint-Sardos, la plus petite appellation de l’ex-région Midi-Pyrénées. Seuls deux vignerons sur quarante travaillent en bio, ce qui représente six références sur une centaine d’entrées ces trois dernières années. « Le bio se vend bien, mais la volonté commerciale est déconnectée de la production. Le marché n’est pas toujours qualitatif. Nous n’avons pas encore de stratégie d’entreprise, car le chiffre d’affaires reste faible », admet Sylvie Vigroux, la directrice de la coopérative. Elle affirme sa volonté de monter en puissance sur le bio d’ici deux ans.

Un modèle économique en construction

De son côté, Plaimont, qui regroupe Madiran, Saint-Mont et IGP Côtes de Gascogne, met en avant le bio lors de certains événements. Sur ses 800 vignerons, neuf sont labellisés en Saint-Mont et trois en Côtes de Gascogne. Mais six d’entre eux ont été sélectionnés pour faire partie de la trentaine de vins « ambassadeurs » lors des actions de promotion de Plaimont Producteurs. « Le bio représente 1% des volumes vendus, trois fois plus que l’an dernier. Un modèle économique se construit », affirme le directeur général de la coopérative, Olivier Bourdet Pees. Il a fait entrer les premières références bio en 2011. Pour l’une des gammes de Côtes de Gascogne, 100.000 bouteilles par an sont écoulées. « Saint-Mont a un gros potentiel de développement. Dans le Madiran, quatre vignerons sont en conversion, et seront labellisés en 2019 ».

Plaimont Producteurs mise surtout sur l’accompagnement des viticulteurs bio et en conversion, avec la mise à disposition depuis 2009 d’un technicien viticole et l’animation de groupes de travail. La coopérative encourage les partenariats innovants. « Une jeune vigneronne loue les vignes d’un vigneron bio parti à la retraite, tandis que France Boissons lui pré-achète toute sa production ». La première cuvée d’ « A tire d’elle » sera sur le marché en novembre 2017.
Armelle Parion
Photo Hélène Ressayres - Crédit ToulÉco