Mardi 3 février dernier, les étiquettes « soldes » collées sur les vitrines des magasins ont été décollées et les affiches indiquant des rabais de –50 % rangées dans des placards. À l’issue des quatre semaines de cette période de ventes à prix réduit, le bilan est mitigé. « Les commerçants ne sont pas très contents. Les soldes d’hiver ont été moins bons que prévus », avance Nathalie Cutolo, présidente de l’association des commerçants de la rue Saint-Rome. Ce constat est confirmé par l’Alliance du commerce, qui a fait savoir que les ventes réalisées lors des soldes d’hiver ont baissé de 1,8 % par rapport à 2025.
En cause, notamment, la possibilité de bénéficier de prix avantageux non seulement à l’occasion du Black Friday, fin novembre, mais aussi lors des ventes privées. Ainsi, les périodes traditionnelles de soldes tendent à perdre de leur intérêt, au bénéfice de promotions lissées sur l’ensemble de l’année. « On peut acheter à bas prix tout le temps », résume Nathalie Cutolo. « Les soldes, ça ne veut plus rien dire. » Ce résultat s’explique aussi par l’augmentation des achats sur les sites de vente en ligne de vêtements à bas prix comme Shein. Une légère croissance de 0,8 % y est constatée sur la période des soldes d’hiver. Autre raison évoquée : la vente d’articles de seconde main en plein essor.
Opération séduction des indépendants
Autre ambiance chez Bonnie & Clyde. Pour ce dernier jour de la période promotionnelle hivernale, les clientes ont poussé la porte de cette boutique indépendante, rue du Coq d’Inde, à Toulouse. L’une d’elles a acheté un pantalon gris, l’autre un manteau vert. Le prix de ces deux produits ont été divisés par deux. « Ce n’est plus la cohue d’il y a 20 ans », constate Line Dourneau, la gérante. « Les clientes sont plus raisonnables dans tous les sens du terme : elles achètent moins mais de meilleure qualité. » Sur les 4500 pièces mises dans les rayons cet hiver, il reste 200 articles invendus qui ont été bradés à des prix plus bas dès le lendemain.
Ce résultat satisfaisant est la conséquence d’un travail de fidélisation mené par Line Dourneau depuis l’ouverture de la boutique il y a dix ans. La gérante propose, outre ses bons conseils, son œil averti de professionnelle et son écoute, une quinzaine de « bonnes » marques haut de gamme, en majorité françaises et espagnoles, renouvelées souvent.
L’Égoïste a adopté une autre stratégie qui se relève, elle aussi, payante : cette marque biarrote de vêtements pour les hommes ne pratique pas de rabais. « Sans soldes, je fais mon chiffre », observe Cyrille Fevin, responsable de la boutique rue de la Pomme. « Ce positionnement plaît à notre clientèle haut de gamme, prête à débourser 375 euros pour un veston sans manche. » Belles matières et fabrication en petite quantité dans l’atelier situé au Portugal sont deux arguments de vente. Mais pas seulement. La proximité séduit également ces hommes de 30 à 75 ans qui aiment le style à la fois chic et décalé. « Je peux passer plus d’une heure avec un client. On discute, on boit le café, on fait des essayages », ajoute Cyrille Fevin.
Audrey Sommazi
Sur la photo : La rue Saint-Rome, à Toulouse. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.
