​Depuis Toulouse, Positive Aviation veut bousculer le marché des bombardiers d’eau

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Avec son idée économique de transformer​ un ATR en bombardier d’eau amphibie, Positive Aviation veut répondre au besoin de renouvellement de la flotte vieillissante de Canadair. Équipé de flotteurs, un premier démonstrateur doit être testé sur l’eau au printemps 2027. Sa mise en service est prévue à l’été 2029.

Dans la course contre la montre pour renforcer les moyens aériens de lutte contre les incendies, Positive Aviation a eu une idée ingénieuse : convertir des appareils existants, en l’occurrence des avions à hélices régionaux ATR 72, en bombardiers d’eau amphibie. L’entreprise toulousaine remplace les trains d’atterrissage par deux flotteurs de grandes dimensions - 10 mètres de long, 2 mètres de haut – et d’écopes. Ils confèrent à l’avion la capacité d’écoper sur les plans d’eau 8000 litres en douze secondes. L’eau, contenue dans quatre réservoirs installés dans le fuselage, est ensuite larguée sur des feux en environ 1 seconde via des trappes.

Positive Aviation, fondée en 2024 par six anciens ingénieurs d’Airbus, vient de franchir une étape importante : elle a transféré en juillet à Nantes les premières coques en composite de ces flotteurs fabriquées par les ateliers de la société Multiplast, à Vannes (Morbihan), afin de les assembler. Ces coques seront ensuite acheminées à l’automne à Toulouse pour y être installées sous le ventre d’un ATR 72 d’essai, positionné dans le hangar 16, au bord des pistes de l’aéroport Toulouse-Blagnac, en vue des campagnes d’essais qui devraient se dérouler jusqu’au printemps 2027. Si tout se passe bien, Positive Aviation prévoit de mettre en service sa solution à la mi-2029 lors de la saison des feux.

120 millions d’euros à lever

Bridger Aerospace, le premier opérateur de Canadair aux États-Unis, a déjà acheté dix exemplaires du FF72, cet avion converti. « Notre marché est composé à 70 % de sociétés privées », précise Laurent Schmitt. Le cofondateur et président de Positive Aviation mise sur la conversion de douze avions par an, tous​ propriétés des clients. Conséquence : outre les 30 % de capacité d’emport supplémentaire, Positive Aviation, aidé par une trentaine de sous-traitants, réduit le coût d’achat de l’avion et les charges opérationnelles par rapport à un Canadair.

Néanmoins, il faut de l’argent pour mettre en pratique cette solution plus économique au développement estimé à 150 millions d’euros. Ce montant comprend les six années de développement, la location d’une usine qui appartient au fournisseur Multiplast et la construction d’une usine d’assemblage de 7000 m2 à Toulouse. Si 30 millions d’euros ont déjà été levés auprès d’investisseurs privés, publics (la Région Occitanie) et des banques, un nouveau tour de table est en cours. « On est sur des rails. On avance tranquillement », explique, confiant, Laurent Schmitt.
Audrey Sommazi

Sur les photos : Les locaux de la start-up Positive Aviation à Blagnac et Laurent Schmitt, cofondateur et président de Positive Aviation. Crédit : Rémy Gabalda-ToulÉco. 

P.S. :

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Source : https://www.touleco.fr/%E2%80%8BDepuis-Toulouse-Positive-Aviation-veut-bousculer-le-marche,53642