Dans la course contre la montre pour renforcer les moyens aériens de lutte contre les incendies, Positive Aviation a eu une idée ingénieuse : convertir des appareils existants, en l’occurrence des avions à hélices régionaux ATR 72, en bombardiers d’eau amphibie. L’entreprise toulousaine remplace les trains d’atterrissage par deux flotteurs de grandes dimensions - 10 mètres de long, 2 mètres de haut – et d’écopes. Ils confèrent à l’avion la capacité d’écoper sur les plans d’eau 8000 litres en douze secondes. L’eau, contenue dans quatre réservoirs installés dans le fuselage, est ensuite larguée sur des feux en environ 1 seconde via des trappes.
Positive Aviation, fondée en 2024 par six anciens ingénieurs d’Airbus, vient de franchir une étape importante : elle a transféré en juillet à Nantes les premières coques en composite de ces flotteurs fabriquées par les ateliers de la société Multiplast, à Vannes (Morbihan), afin de les assembler. Ces coques seront ensuite acheminées à l’automne à Toulouse pour y être installées sous le ventre d’un ATR 72 d’essai, positionné dans le hangar 16, au bord des pistes de l’aéroport Toulouse-Blagnac, en vue des campagnes d’essais qui devraient se dérouler jusqu’au printemps 2027. Si tout se passe bien, Positive Aviation prévoit de mettre en service sa solution à la mi-2029 lors de la saison des feux.
120 millions d’euros à lever
Bridger Aerospace, le premier opérateur de Canadair aux États-Unis, a déjà acheté dix exemplaires du FF72, cet avion converti. « Notre marché est composé à 70 % de sociétés privées », précise Laurent Schmitt. Le cofondateur et président de Positive Aviation mise sur la conversion de douze avions par an, tous propriétés des clients. Conséquence : outre les 30 % de capacité d’emport supplémentaire, Positive Aviation, aidé par une trentaine de sous-traitants, réduit le coût d’achat de l’avion et les charges opérationnelles par rapport à un Canadair.
Néanmoins, il faut de l’argent pour mettre en pratique cette solution plus économique au développement estimé à 150 millions d’euros. Ce montant comprend les six années de développement, la location d’une usine qui appartient au fournisseur Multiplast et la construction d’une usine d’assemblage de 7000 m2 à Toulouse. Si 30 millions d’euros ont déjà été levés auprès d’investisseurs privés, publics (la Région Occitanie) et des banques, un nouveau tour de table est en cours. « On est sur des rails. On avance tranquillement », explique, confiant, Laurent Schmitt.
Audrey Sommazi
Sur les photos : Les locaux de la start-up Positive Aviation à Blagnac et Laurent Schmitt, cofondateur et président de Positive Aviation. Crédit : Rémy Gabalda-ToulÉco.
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