À Toulouse, une convergence des luttes corsetée par un dispositif de sécurité

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Entre 21.800 manifestants et 80.000 se sont rassemblés à Toulouse, ce jeudi 5 novembre, préoccupés par la revalorisation des salaires et la sauvegarde des services publics. Une mobilisation réprimée car organisée sur un parcours non autorisé par la préfecture.

C’est une manifestation qui a viré au rassemblement. En début d’après-midi, ce jeudi 5 novembre, des milliers de manifestants - entre 21.800 selon la préfecture et 80.000 selon la CGT - se sont retrouvés ​allées Charles-de-Fitte, dans le quartier Saint-Cyprien. À l’appel d’une l’intersyndicale aux mots d’ordre larges - revalorisation du Smic, ouverture de négociations sur les rémunérations, sauvegarde des services publics - le cortège voulait se rendre vers le centre-ville alors que la préfecture avait interdit ce parcours. À l’entrée du pont des Catalans, ​la foule a été bloquée par un important dispositif policier. Après une heure de face à face, qui s’est terminé dans les fumées des gaz lacrymogènes, des manifestants ont opéré un demi-tour pour rejoindre le quartier des Arènes pour se disperser en fin d’après-midi.

Pour autant, cette forte mobilisation statique s’est déroulée dans le calme, la bonne humeur et la détermination​. Et elle s’est caractérisée par une grande​ diversité. La fronde dans l’enseignement secondaire s’est élargie aux universités se muant en un mouvement social qui ​a embarqu​é de multiples catégories : élèves, étudiants, travailleurs du privé et du public, quelques « gilets jaunes », des parents choqués par la brutalité des interventions policières à l’encontre des lycéens, des citoyens et des retraités.

À chaque manifestation, depuis le début du mouvement le 17 octobre, Alexandre Mendouse est présent. "À vrai dire, depuis 10 ans et l’élection de Macron, je me mobilise. Il m’a radicalisé. Car la démocratie s’est abîmée", explique celui qui est délégué syndical CGT chez ​Safran Power Units. Thomas Mangeat, ingénieur de recherche au centre de biologie intégrative du CNRS, participe à la grogne sociale pour la première fois. "Les budgets annuels de fonctionnement sont en baisse. On ne peut plus assurer la réparation de notre outil de travail, on ne peut pas embaucher du personnel et on ne peut plus former convenablement des étudiants", déplore Thomas Mangeat, dont le témoignage est coupé par le son d​’une fanfare. "Nous sommes inscrits dans un domaine d’excellence. Et je me demande si les politiques en ont conscience. En tout cas, ils nous font perdre notre savoir-faire.​"

Revalorisation salariale

Plus loin dans le cortège, ​des lycéens assis sur le bitume clamaient le slogan italien « Siamo tutti antifascisti » (« Nous sommes tous antifascistes »​) pendant que d’autres chantaient « À bas l’Etat policier !" On y a aussi croisé l’équipe de super-héros Powers Rangers et une chorale.

Dans cette journée d’action, certains y voient la poursuite de leurs mobilisations internes. C’est le cas de Renaud Soulet, secrétaire régional Sud Rail. "La SNCF nous propose une prime de partage de valeur de 400 euros. Or, on réclame une hausse de 400 euros tous les mois de nos salaires", revendique cet aiguilleur à la SNCF. "Notre demande n’est pas hallucinante sachant que le groupe devrait faire 1,5 milliard de bénéfices. Et puis, nous avons une autre problématique : la souffrance au travail. Nous demandons un moratoire de l’organisation."
Audrey Sommazi

Sur les photos : La mobilisation stati​que du jeudi 5 novembre. Crédits : Rémy Gabalda-ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/A-Toulouse-un-cortege-festif-contre-la-vie-chere-mais-corsete,54248