Chez Ubisoft Montpellier, la restructuration ravive la colère sociale

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L’éditeur et producteur de jeux vidéo français Ubisoft annonce un nouveau plan d’économie de 200 millions d’euros, assorti de 200 départs volontaires. Le retour du travail à 100 % en présentiel est également dans la balance. Les syndicats appellent à une grève, du 10 au 12 février.

La grogne monte chez Ubisoft. Alors que l’éditeur de jeux vidéo a annoncé, à l’automne, la mise en place d’un nouveau plan d’économie de 200 millions d’euros, et la réorganisation de ses studios, les syndicats montent au créneau en ce début d’année, et appellent à la grève les 10, 11 et 12 février prochains. Le groupe a également annoncé l’annulation de six jeux - dont un remake de Prince of Persia - et le report de six autres. « À Montpellier, et ailleurs, le piquet [1] sera le 10, avec des rassemblements devant les studios. Puis nous continuerons, au moins pour deux jours », indique Clément Montigny, délégué syndical du Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) depuis l’été 2023. Ce dernier travaille également en tant que programmeur online depuis près de douze ans chez Ubisoft Montpellier, qui compte 460 collaborateurs.

Ainsi, le groupe d’édition et de production de jeux vidéo a annoncé, fin 2025, une nouvelle organisation de ses studios. « Désormais, la France n’est plus dans une seule zone, la Zone 2, avec l’Espagne, l’Italie et la Chine. Chaque studio est maintenant rattaché à une marque. Montpellier est placé dans la « Creative House 4 », avec des marques comme Rayman, Anno, Prince of Persia et Trackmania », précise-t-il. Il estime que la ville est « un peu plus au chaud » en comparaison à d’autres studios comme Bordeaux ou Annecy, relégués à des rôles de support.

Un plan de 200 départs volontaires et retour du télétravail

Le plan de réorganisation prévoit également deux cents départs volontaires. Les effectifs français d’Ubisoft passeraient ainsi de 3700 à 3500 collaborateurs. « Ces départs ne concernent pour l’instant que les 1100 employés d’Ubisoft International, à Saint-Mandé (94). Mais il se peut que certains de ces salariés soient actuellement détachés à Montpellier, et que nous disions au revoir à deux ou trois salariés que nous côtoyons à Montpellier », souffle Clément Montigny.

Autre motif de tension sociale, la volonté de la direction de revenir à cinq jours de travail en présentiel. « À l’automne 2025, on nous a indiqué que nous ne reviendrions pas au présentiel à 100 %. Désormais, la direction met les mauvaises performances du groupe sur le dos du télétravail. Nous avons sorti des échecs commerciaux avant le covid, et des succès après », souligne Clément Montigny. Il pense que cette mesure « poussera des employés à quitter leur poste. Faute de pouvoir d’achat, certains se sont éloignés de leur lieu de travail pour payer un logement moins cher. Certains n’ont pas les moyens financiers de venir sur site cinq jours par semaine », tonne-t-il.
Jules Mestre

Sur la photo : Le site Ubisoft de Montpellier. Crédit : Ubisoft.

Notes

[1Le moment du rassemblement prévu

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Source : https://www.touleco.fr/Chez-Ubisoft-Montpellier-la-restructuration-ravive-la-colere,50245