Matthieu Pigasse vole au secours de Fibre Excellence, un espoir pour les salariés

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En renvoyant l’audience au 6 juillet, le tribunal de commerce de Toulouse a accordé un répit à la direction de Fibre Excellence, unique candidate à la reprise soutenue financièrement par le banquier d’affaires Matthieu Pigasse. Et un nouvel espoir pour les 670 salariés des usines de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et de Tarascon (Bouches-du-Rhône).

Alors que le tribunal de commerce de Toulouse devait examiner les offres de reprise de Fibre Excellence mercredi 17 juin, l’audience a été reportée au 6 juillet en raison de l’envoi à la dernière minute d’une lettre d’intention portée par Matthieu Pigasse. Le banquier d’affaires a indiqué vouloir s’associer financièrement au projet de la direction du fabricant de pâte à papier placé en redressement judiciaire depuis la fin avril.

Une première réunion de travail est organisée mardi 23 juin pour définir et structurer l’offre de reprise : elle se déroulera à Paris en présence des équipes du Comité interministériel de restructuration industrielle, de l’intersyndicale CGT-FO-CFDT, de l’homme d’affaires et des élus des Régions Sud et Occitanie, qui ont déjà annoncé entrer au capital à hauteur de 8 millions d’euros au total. L’arrivée surprise du financier a redonné le sourire aux salariés rassemblées sous un soleil de plomb à Saint-Gaudens, lors de l’assemblée générale. « On retrouve du baume au coeur », a réagi Sébastien Oustric, délégué syndical CGT. « C’est un soulagement », a estimé Jérôme Bergès. « Mais ce n’est pas gagné cependant. Il nous faut la réponse de l’Etat », a relativisé ce salarié, qui assure les déchargements des camions depuis 18 ans à La Cellulose.

« Personne dans le cabinet de l’Elysée ne m’a contactée. Personne »

En effet, cette offre, dont les contours ont été définis il y a plus d’un mois par quatre cadres de l’entreprise et les salariés, est conditionnée à un geste du gouvernement concernant une revalorisation du tarif de vente de l’électricité produite par les deux usines, à Saint-Gaudens et à Tarascon (Bouches-du-Rhône). Est également demandée une sécurisation de l’approvisionnement en bois via l’Office national des forêts (ONF) ou encore un accompagnement financier du projet de reprise, sous la forme de différentes aides. « L’Etat doit jouer son rôle et doit être au rendez-vous », a insisté Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, venue soutenir les salariés de la Cellulose au pied des Pyrénées.

" Nous avons déplacé des montagnes, déjoué le scénario de liquidation judiciaire que les vautours avaient calé dans notre dos. Et, nous avons réussi à trouver un investisseur français sérieux, solide, intéressé pour investir le moyen-long terme », a insisté la syndicaliste. Celle-ci, vêtue d’un casque et d’une tenue vestimentaire de sécurité, a visité l’usine installée en contrebas de la ville depuis 1959.
De son côté, Carole Delga, très impliquée dans ce dossier, a adressé un message au président de la République, Emmanuel Macron, dimanche 14 juin, soit trois jours avant l’audience de la justice, restée cependant sans réponse. "Personne dans le cabinet de l’Elysée ne m’a contactée. Personne", a déploré l’élue "Pourtant j’avais indiqué que 670 emplois étaient supprimés directement, 10 000emplois indirects."
Audrey Sommazi

Sur les photos : La présidente de Région Carole Delga et Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, ont visité le site de Fibre Excellence.
Avant une visite de l’usine de Saint-Gaudens, elles ont donné une conférence de presse.
Sur les autres photos, les salariés de l’usine rassemblés lors d’une assemblée générale le jeudi 18 juin devat les grilles de l’usine. Crédits : Rémy Gabalda-ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/Matthieu-Pigasse-vole-au-secours-de-Fibre-Excellence-un-espoir,52282