Alors que le réchauffement climatique s’accentue, éviter les îlots de chaleur urbain devient une priorité absolue des maires de grandes villes. Pour les aider, Capgemini Engineering a conçu, en grande partie à Toulouse, un outil numérique d’aide à la décision publique nommé Sim City For Climate. Il s’agit d’un logiciel qui, en partant de simulations thermofluidiques, permet de tester les conséquences de différents types d’aménagement urbains. Chaque choix d’urbanisme (implantation des bâtiments, matériaux, végétalisation) peut en effet augmenter ou diminuer la température à l’intérieur d’un bâtiment ou à proximité.
Sim City For Climate découpe un quartier donné en petites parcelles où sont incorporées toutes les données sur le climat, ou pouvant l’affecter, dans cette zone. Capgemini a réalisé un premier grand test sur la stratégique zone aéroportuaire de Blagnac. Jugeant l’essai réussi, le groupe veut étudier des cas de plus grande ampleur en dehors de la France, comme la ville de Milan, en Italie, qui devrait être le prochain cas d’étude intégré dans l’outil.
À l’avenir, un déploiement plus large est envisagé, notamment avec l’ajout de solutions d’intelligence artificielle « pour étendre les performances de l’outil et l’adapter à des métropoles et des besoins du monde entier ». Très intuitif et visuel grâce à sa carte 3D, l’outil peut être vite compris et maîtrisé par les acteurs publics. « Il peut même permettre d’associer les habitants aux choix d’urbanisme dans des phases de concertation », estime Sylvain Raynal, chef de projet chez Capgemini Engineering.
« Éviter l’émission de 10 millions de tonnes de CO₂ d’ici 2030 »
L’entreprise de conseil développe plusieurs autres projets autour de l’adaptation au réchauffement climatique. « Des projets avec des acteurs urbains sont en cours, par exemple autour de l’optimisation du placement des bornes de recharge ou de la consommation des chauffe-eaux dans les logements sociaux. D’autres outils internes sont également développés pour diagnostiquer à plus grande échelle les effets du climat et identifier les zones de vulnérabilité dans les villes, notamment à l’aide d’images satellites.
Cette démarche est aussi active à l’international, en Europe, en Asie et en Amérique du Sud », détaille Sylvain Raynal. Selon Capgemini, ses prises de commandes générant un impact positif en matière de durabilité ont augmenté de 7 % en 2025. À l’échelle mondiale, le groupe revendique l’objectif « d’aider ses clients à éviter l’émission de 10 millions de tonnes de CO₂ d’ici 2030 ».
Matthias Hardoy
Sur les photos :
* Aperçu du logiciel Sim City For Climate de Capgemini qui, en partant de simulations thermofluidiques, permet de tester les conséquences de différents types d’aménagement urbains.
* Sylvain Raynal, chef de projet chez Capgemini Engineering, ingénieur spécialiste des fluides, en charge du projet Sim City For Climate. Crédits : Capgemini Engineering.

