YellowScan va étendre son terrain de jeu technologique. La PME héraultaise, basée à Saint-Clément-de-Rivière et spécialiste des capteurs Lidar embarqués sur drones, hélicoptères ou ULM, lance Navigator, un système conçu pour cartographier les zones côtières peu profondes, les rivières et les infrastructures hydrauliques. Une avancée dans un domaine où les données manquent dans ces zones non accessibles aux bateaux dotés de sonars.
« L’écosystème côtier est un enjeu pour les autorités et les industriels, dans un contexte de montée du niveau de la mer et d’événements climatiques plus intenses », explique Tristan Allouis, directeur général et cofondateur de YellowScan aux côtés de Michel Assenbaum. Suivi de l’érosion, prévention des risques d’inondation, surveillance des ports et des cours d’eau, inspection des ouvrages... Les applications ciblées par les acteurs scientifiques et institutionnels sont nombreuses. Le marché va devenir « un pilier de la surveillance environnementale dans les années à venir », glisse Tristan Allouis, notamment en Asie-Pacifique, où les côtes et les îles sont très exposées aux effets du réchauffement climatique. L’intérêt du drone ? Des coûts moindre par rapport à un avion ou un navire. « Les clients peuvent suivre l’évolution des brise-lames, des sédimentations ou des déplacements de sable », illustre Tristan Allouis.
Repérer des mines dans l’eau
La cartographie terrestre demeure sa principale source de revenus. Ses solutions sont également utilisées pour planifier la reconstruction de territoires ravagés par les guerres, en Ukraine ou à Gaza. Et des perspectives existent aussi dans la défense. « Certaines armées utilisent nos capteurs, mais toujours dans une logique d’ingénierie ou de sécurisation, par exemple pour identifier des mines dans l’eau. Nos applications sont dédiées à la sécurité, pas à la destruction », insiste Tristan Allouis.
Identifier des temples mayas enfouis dans la forêt amazonienne, évaluer l’impact du réchauffement climatique sur les zones côtières, projeter des nouvelles routes dans des pays marqués par les guerres ou des catastrophes naturelles… Fondée en 2015, YellowScan s’est d’abord illustrée par ses systèmes capables de cartographier en 3D des zones inaccessibles. L’entreprise travaille aujourd’hui avec des géomètres, ingénieurs, archéologues ou collectivités dans plus de quarante pays. La société compte quatre-vingts salariés, dont la moitié en R&D, et dépasse les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 95 % sont réalisés à l’export depuis ses implantations à Saint-Clément-de-Rivière (Hérault), Tokyo et Denver. La PME a également ouvert son capital à ses salariés, qui en détiennent aujourd’hui 20 %.
Amélie Cazalet
Sur la photo : « L’écosystème côtier est un enjeu pour les autorités et les industriels, dans un contexte de montée du niveau de la mer et d’événements climatiques plus intenses », explique Tristan Allouis, cofondateur de YellowScan Crédit : DR.
