La Compagnie des Pyrénées s’investit dans les stations de ski ariégeoises

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La Compagnie des Pyrénées gagne du terrain dans le massif avec l’arrivée du Département de la Haute-Garonne parmi ses actionnaires publics et son entrée au capital de la Savasem, le nouvel exploitant des huit stations d’Ariège. Quant aux domaines skiables de sa marque collective, N’Py, ils espèrent une nouvelle saison record.

Il aura fallu six ans à la Compagnie des Pyrénées, anciennement groupe N’Py, pour rassembler toutes ses forces. Créée en octobre 2020, cette société anonyme d’économie mixte a d’abord rallié les Régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, la Banque des Territoires et les Départements des Hautes-Pyrénées, des Pyrénées-Atlantique, de l’Ariège et des Pyrénées-Orientales.

Le dernier département de la chaîne pyrénéenne, la Haute-Garonne, qui gère les stations de Luchon-Superbagnères, Le Mourtis et Bourg d’Oueil via le syndicat mixte Haute-Garonne Montagne, a rejoint durant l’été 2026 son pool d’actionnaires publics. L’arrivée de la collectivité au capital de la Compagnie des Pyrénées la conforte dans son rôle de caution financière et de « boîte à outils », politique et opérationnelle, au service du développement des stations de montagne et de leur nécessaire adaptation au changement climatique.

L’un de ses outils clés est la Compagnie des Pyrénées Participations [1], sa filiale destinée à capitaliser des sociétés d’économie mixte locales en vue de l’exploitation de domaines skiables. Son périmètre d’action s’élargit. Déjà actionnaire à hauteur de 28 % de la Sem du Grand Tourmalet, elle rejoint le tour de table de la Savasem qui a décroché en mars 2026 la délégation de service public pour la gestion des huit stations d’Ariège.

Exploitant unique pour l’Ariège

Cette DSP, lancée en 2025 par le Syndicat des montagnes d’Ariège, est en deux parties. Les quatre plus petits domaines, Goulier, Chioula, Ascou-Pailhères et Mijanès-Donezan font désormais l’objet d’une régie intéressée. Pour eux, le risque financier est supporté par le SMA et ses collectivités membres, le Département de l’Ariège, la mairie d’Ax-les-Thermes et trois communautés de communes.

Les quatre plus grandes, Ax 3 Domaines, Guzet, les Monts d’Olmes et l’espace nordique de Beille sont quant à elles en concession, contrat qui laisse au délégataire la charge des investissements. D’où la nécessité d’une recapitalisation pour la Savasem, qui prévoit d’investir 76 millions d’euros dans les quinze années qui viennent sur les quatre stations en concessif. Plus de la moitié seront consacrés à la modernisation de sa locomotive, Ax 3 Domaines, avec dès cet hiver la désignation du constructeur d’une nouvelle télécabine panoramique entre Bonascre et le plateau du Saquet. L’enveloppe est de 18 millions d’euros et le début des travaux, attendu pour avril 2027.

Au sein de cette nouvelle gouvernance, le Département de l’Ariège devrait apporter 12 millions d’euros, la Région Occitanie, via la Compagnie des Pyrénées, 4 millions d’euros et les collectivités locales, 4 millions elles-aussi. « L’ensemble des stations des Pyrénées représentent 120 millions d’euros de chiffre d’affaires, l’équivalent de la Plagne, dans les Alpes, ou des Andorrans. D’où l’importance d’avoir une vision globale et collective. Notre rôle à nous est d’apporter des fonds propres pour soutenir l’investissement », explique Denis Lignon, directeur général de la Compagnie des Pyrénées. « Je ne peux pas donner la hauteur de notre intervention au capital de la Savasem, c’est encore en discussion. Ce sera finalisé normalement à l’été 2027. »

Pour la Savasem, ce changement d’échelle s’est déjà traduit par le recrutement de six contrats à durée indéterminés et la création d’une marque ombrelle « Ariège Grand Air » avec un site internet commun pour ses huit stations

Réouverture des Laquets

De leur côté, les stations du réseau N’Py, les premières à avoir développé une marque collective – propriété de la Compagnie des Pyrénées – et mutualisé leurs fonctions support, espèrent renouveler les « bons chiffres » de la saison 2025-2026.

Avec un chiffre d’affaires global de 78,3 millions d’euros, en hausse de 7 % et plus de 2,1 millions de journées ski, elles ont réalisé leur meilleure saison depuis 2020. La station Luz-Ardiden, qui sera la première à ouvrir le 25 novembre prochain, a même enregistré l’année dernière un volume d’activité « record » de 4 millions d’euros qu’elle n’avait pas atteint depuis 2016.

À l’échelle des huit domaines skiables et grand site de N’Py, les investissements pour cette nouvelle saison s’élèvent à 32 millions d’euros. L’enveloppe intègre le chantier de rénovation de l’Hôtellerie des Laquets, de 12 millions d’euros, engagé par le Syndicat mixte de valorisation touristique du Pic du Midi. L’établissement des années 1930, fermé depuis 1992, a pu rouvrir fin septembre après quatre années de travaux. Relié à l’observatoire par son propre téléphérique, cet hôtel perché à 2620 mètres, ce qui en fait l’hôtel le plus haut de France et le troisième en Europe, entre dans le périmètre du dossier de candidature du Pic du Midi au patrimoine mondial de l’Unesco. La demande, déposée par l’État en janvier 2026, est en cours d’instruction. La décision est attendue en juin ou juillet 2027.
Johanna Decorse

Sur les photos : Le Grand Tourmalet (Barèges-La Mongie), l’une des sept stations de la marque N’Py, va investir cette saison 13 millions d’euros dans une nouvelle télécabine et dans le réaménagement de son espace débutant. Crédit : N’Py Paul Quintana.

Le plateau de Beille, comme les sept autres stations de montagne ariégeoises, est désormais exploitée par la Savasem. Crédit : Stéphane Meurisse.

L’Hôtellerie des Laquets, fermée depuis 1992, a rouvert le 25 septembre au pied du Pic du Midi avec 34 chambres à 2620 mètres d’altitude. Crédit : David Le Deodic.

Rapprochement à l’étude entre la Compagnie des Pyrénées et l’Agence des Pyrénées

La dynamique collective engagée depuis 2020 autour de la Compagnie des Pyrénées, qui réunit désormais tous les acteurs politiques de la chaîne autour d’une stratégie globale de développement des stations pyrénéennes, se poursuit. Un rapprochement avec l’Agence des Pyrénées est en effet envisagé. Annoncée fin septembre 2026 par la Région Occitanie, une « étude de préfiguration » a été confiée à Willy Luis, le directeur de cette agence chargée de la promotion du massif dans toute sa diversité. « L’objectif est de regarder comment, par de nouvelles synergies et des rapprochements opérationnels, ces deux structures pourront encore mieux accompagner les territoires, dans une approche collective et concertée », explique la Région. Plus clairement, il s’agit d’optimiser les financements que va engager la Banque des Territoires dans le cadre de son plan Montagne pour les Pyrénées.

Notes

[1] La Compagnie des Pyrénées Participations (CDPP) est détenue à 37 % par la Compagnie des Pyrénées, à 36 % par Caisse des Dépôts et Consignations et à 27 % par la Région Occitanie.

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Source : https://www.touleco.fr/La-Compagnie-des-Pyrenees-s-investit-dans-les-stations-de-ski,53964