Pyrénées. Les stations de ski à la peine en raison du manque de neige

Fermeture de stations, ouverture très partielle de nombreux domaines skiables… Le début de saison, marqué par un criant manque de neige, se révèle plus difficile que prévu pour les stations des Pyrénées françaises qui ont dû enclencher le dispositif de l’activité partielle de longue durée.

Après deux années exceptionnelles, changement de décor. Le manque de neige de ce début de saison a conduit plusieurs stations des Pyrénées à fermer temporairement leur domaine skiable. Après le Mourtis en Haute-Garonne, dès le 21 décembre, Gourette et la Pierre Saint-Martin dans les Pyrénées-Atlantique, Ax 3 Domaines en Ariège le 31 décembre, les Monts d’Olmes se sont mis en « en sommeil » le 2 janvier jusqu’au retour de la neige et du froid. La station ariégeoise qui avait ouvert le 10 décembre avec huit pistes accessibles sur dix-neuf n’avait plus que deux pistes vertes à proposer le dernier jour des vacances. Compte tenu des « conditions météorologiques actuelles et à venir », le domaine skiable de Luchon-Superbagnères a également décidé de baisser provisoirement le rideauce vendredi 6 janvier à 17h.

« On a connu mieux mais on a connu pire comme début de saison. Au moins, on a pu ouvrir. Noël, dans les Pyrénées c’est un coup oui, un coup non. La saison n’est pas fichue », veut croire Christophe Esparseil, le directeur des Monts d’Olmes. Alors que dix-huit saisonniers sont depuis ce mardi 3 janvier en activité partielle de longue durée totale, la station a néanmoins décidé de maintenir sa billetterie ouverte en répartissant les journées de travail.

Inquiétude dans la vallée d’Ax

À Ax 3 Domaines qui a ouvert le 10 décembre dernier avec seulement 60 % de ses pistes accessibles, le directeur de la station Jacques Murat se montre plus préoccupé. « La station a connu ce genre de situation dans les années 1990 mais une fermeture après les vacances de Noël, c’est une première à l’ère de la neige artificielle. Les températures élevées durant ces deux semaines, conjuguées à de la pluie la nuit et à l’érosion des pistes avec quelque 2000 à 3000 skieurs en journée, nous ont contraints à fermer le domaine skiable le 31 décembre. Cela a été une décision difficile à prendre. Cette fermeture génère beaucoup d’inquiétudes pour les réservations futures et les remboursements liés aux nombreuses annulations. L’impact économique est énorme dans toute la vallée », explique Jacques Murat.

La station, qui doit aussi recourir à l’activité partielle pour son personnel, réalise en général au mois de janvier 20 % de son chiffre d’affaires, d’où l’inquiétude des professionnels du ski qui n’entrevoient encore aucune date de reprise. En ce début d’année, ils devront aussi se passer de la clientèle espagnole attendue pour la semaine des rois.

L’APLD en soutien

Du côté de la Compagnie des Pyrénées et de sa marque N’Py, qui regroupe les fonctions supports du Grand Tourmalet, Peyragudes, Piau-Engaly, Luz-Ardiden, Cauterets, La Pierre Saint-Martin et Gourette, l’heure n’est pas encore à l’inquiétude. Au 30 décembre, l’ensemble des stations a enregistré près de 263.000 journées ski, en baisse de 16 % par rapport aux trois dernières saisons actives. « Ce n’est pas fantastique mais ce n’est pas ridicule », souligne Christine Massoure, directrice générale de la Compagnie des Pyrénées. « Nous sommes habitués à ce genre de situation et sommes plutôt satisfaits d’avoir pu maintenir un produit ski pendant les vacances. On a enregistré des reports de consommation mais peu d’annulations. L’économie du territoire est peu impactée et les perspectives de réservations pour février sont pour l’instant les mêmes qu’en 2019-2020. Les saisons qui démarrent par un enneigement déficient à Noël peuvent se révéler finalement très bonnes s’il neige bien en janvier. »

Au sein du groupement N’Py, toutes les stations ont aussi activé le dispositif de l’activité partielle de longue durée. Signé par la branche professionnelle des remontées mécaniques à la sortie de la crise sanitaire en octobre 2021 et actualisé en septembre dernier, l’accord APLD permet d’améliorer l’indemnisation du salarié en cas d’activité partielle. Il prévoit un versement de 70 % du salaire brut contre 60 % dans le cadre de l’activité partielle « classique ». Pour l’employeur, la prise en charge du salaire brut par l’État est de 60 % en APLD contre 36 % habituellement.
Johanna Decorse

Sur la photo : Le faible enneigement des stations des Pyrénées, ici à Luchon, repose la question de l’avenir du ski dans les Pyrénées. Crédit DR.

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Source : https://www.touleco.fr/Les-stations-de-ski-a-la-peine-en-raison-du-manque-de-neige,36453