Depuis le premier trimestre 2026, le biogaz produit par la méthanisation des boues d’épuration n’est plus seulement utilisé pour les besoins internes du site. Après épuration, il est désormais injecté dans le réseau de distribution de gaz. À terme, ce gisement représentera 26 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation de 9000 logements neufs ou de l’alimentation de 124 bus roulant au gaz vert. « Il y a vingt-cinq ans, il y avait ici une vieille station d’épuration sous-dimensionnée. Lattes n’était même pas raccordée à la station », a rappelé le maire de Lattes, Cyril Meunier, soulignant l’évolution des relations entre la commune et Montpellier. Aujourd’hui, l’équipement bénéficie également à Palavas-les-Flots et aux communes du Pays de l’Or.
Pour Michaël Delafosse, président de la Métropole, Maera constitue désormais « le plus gros chantier de la Métropole, maintenant que celui de la ligne 5 de tramway est derrière nous ». L’élu a replacé l’opération dans la stratégie énergétique locale, évoquant la plus grande centrale géothermique de France à Cambacérès et l’objectif de tripler la production d’énergie du territoire entre 2020 et 2030. « Je ne laisserai pas un monde à mes enfants où nous sommes dépendants des grands empires », a-t-il lancé, plaidant pour davantage de souveraineté énergétique.
Multiplier par trois la production d’énergie entre 2020 et 2030
La production de biométhane n’est qu’une composante du projet. À l’issue des travaux, prévus jusqu’en 2027, Maera doit devenir une station à énergie positive. En complément de la méthanisation, une unité de valorisation énergétique des boues pourrait produire 24 GWh supplémentaires par an, dont une partie alimentera le réseau de chaleur urbain pour approvisionner 3000 logements en eau chaude et chauffage. Des panneaux photovoltaïques viendront compléter le dispositif. Au total, le site devrait produire près de 50 GWh d’énergie par an pour une consommation estimée à 25 GWh.
Pour Frédéric Rolland, directeur territorial Hérault de GRDF, cette inauguration illustre la montée en puissance de la filière. « Un million de personnes ont déjà souscrit à une offre intégrant du gaz vert chez nous, preuve que les clients sont concernés », souligne-t-il. En France, 820 sites produisent aujourd’hui du biométhane. Le gaz renouvelable émet, selon GRDF, six fois moins de gaz à effet de serre que le gaz fossile. Un argument qui trouve un écho particulier dans un contexte de volatilité des marchés énergétiques. « Les prix du gaz ont augmenté de 40 % entre le 28 février et le 1er mars », a rappelé Alain Gean, chef du pôle négoce d’EDF, soulignant l’enjeu de renforcer la souveraineté énergétique nationale.
Jules Mestre
Sur la photo : Le chantier de modernisation de la station Maera se poursuit. Crédit : Jules Mestre.
