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Publié le mardi 5 septembre 2017 à 19h00min par Philippe Font

Depuis Toulouse, le Cerfacs calcule toujours plus vite

article diffusé le 17 mai 2017

Le centre européen de recherche en calcul scientifique basé à Toulouse fête ses trente ans. Initié à la base par quatre sociétés, le Cerfacs collabore désormais avec des PME et des grands groupes et dispose d’un centre de formation à la réputation internationale.

« Modéliser et simuler les systèmes complexes par l’utilisation d’importants moyens de calcul ». Tel est le credo du Cerfacs, Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique, installé à Toulouse depuis 1987. Aujourd’hui société civile, le Cerfacs a été fondé par Météo France, le Cnes, EDF et Airbus. Les ont ensuite rejoint Safran, Total et l’Onera. « Nous travaillons pour différents domaines tels que l’aéronautique, l’espace, l’environnement, l’énergie ou encore le climat », explique Catherine Lambert, la directrice du Cerfacs.

A l’aide de ses super calculateurs - le dernier a été construit par le Chinois Lenovo et est arrivé dans les locaux du Cerfacs en février 2016 - le centre toulousaine affiche une puissance qui peut atteindre les 330 téraflops (1 téraflops équivaut à 1000 milliards d’opérations par seconde). Ses chercheurs peuvent ainsi mener des expérimentations sur des simulations complexes : le comportement des fluides de kérosène dans un moteur d’avion ou une turbine d’hélicoptère pendant leur phase de combustion. Ou encore les interactions entre les différentes couches de l’atmosphère et les nuages pour la météorologie. Dans le domaine de l’environnement,le Cerfacs, dont les locaux sont situés au sein du campus de Météo France Toulouse, accompagne des travaux menés avec le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sur le réchauffement climatique ou les prévisions d’inondations. Il participe aussi à des grands programmes européens comme Copernicus.

Des collaborations avec Renault et Space X

Disposant de ses propres moyens de calculs, le Cerfacs s’inscrit également dans le cadre de programme européens ou internationaux afin de bénéficier de machines installées dans des centres plus importants, comme Barcelone ou Montpellier. « Nous disposons également d’un centre de formation pour la recherche qui accueille de nombreux jeunes et nous travaillons avec des PME, des sous-traitants de grands groupes. Récemment des étudiants de notre centre de formation ont intégré des sociétés comme Renault ou tout récemment l’américain Space X », se félicite encore Catherine Lambert.

Le calcul haute performance représente un enjeu majeur pour la compétitivité de l’industrie française. Consciente de ces évolutions, la directrice souhaite que le Cerfacs « continue à être un centre de recherche, de développement, de valorisation et de formation », pour les grands comptes comme pour les PME.
Philippe Font

Sur la photo : Catherine Lambert, directrice du Cerfacs - Photo DR