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Publié le dimanche 6 janvier 2019 à 18h18min par Sylvie Brouillet

IBM choisit Montpellier pour installer son « hub quantique » français

Inauguré il y a quelques semaines à Montpellier, l’IBM Q Hub est le nouveau pôle dédié au calcul quantique du géant informatique en France, le 7e dans le monde. IBM noue aussi un partenariat scientifique avec l’Université de Montpellier, une collaboration soutenue par la région Occitanie via une convention de 1,25 million d’euros sur trois (...)

« Il y a dix-huit mois, nous avions une vision, celle d’amener les technologies quantiques sur les territoires. Ça se passe aujourd’hui ici, à Montpellier. » Nicolas Sekkaki, président d’IBM France, a inauguré début décembre sur le site du Parc industriel de La Pompignane son hub quantique français, baptisé « Q Hub ». « Montpellier est très pointu sur le développement de solutions clients, assure Scott Crowder, vice-président Quantum Computing, Technical Strategy and Transformation IBM System. C’est le 7e hub quantique dans le monde. » Ce pôle d’une dizaine d’experts proposera aux grands clients publics et privés d’IBM en France, aux universitaires ou aux start-up, les solutions de calcul quantique d’IBM, notamment l’accès à distance à la puissance des ordinateurs quantiques à 20 Qubits positionnés à Yorktown, près de New York, et Zurich.

Pour favoriser l’adoption de la révolution quantique en France, IBM veut constituer sur le sujet un écosystème d’entreprises et d’universités. Premier partenaire : l’Université de Montpellier, avec le programme QuantUM, pour collaborer sur le développement d’algorithmes, la création de modules de formation et des études de cas d’entreprises, notamment sur l’optimisation des procédés de l’industrie, l’intelligence artificielle, l’aéronautique, la chimie et la finance. La Région, qui veut développer la filière quantique en Occitanie*, soutient l’université via une convention de trois ans de 1,25 million d’euros. Selon le président de l’université de Montpellier Philippe Augé, « cela nous aidera à monter une chaire, à faire venir des chercheurs internationaux, à financer le recrutement de six à sept doctorants. Cette collaboration est une opportunité rare de faire émerger un savoir-faire en région et à l’université. » Pour la président de région Occitanie Carole Delga, « c’est une grande ouverture entre le monde de l’entreprise et l’éducation. La révolution quantique va contribuer à écrire l’avenir du site montpelliérain. »

Ouvert depuis 1965 , le site montpelliérain d’IBM emploie aujourd’hui 600 personnes. Son effectif pourrait se renforcer : IBM France a annoncé en mai 2018 le recrutement de 1 800 experts (dont 400 sur l’intelligence artificielle) sur deux ans. « Nous aimerions en positionner une centaine par grande région, la décision devrait être prise dans les trois à quatre mois », indique Nicolas Sekkaki. IBM possède un autre site en Occitanie, à Toulouse, où travaillent 150 personnes.
Sylvie Brouillet

Sur la photo : De gauche à droite : Nicolas Sekkaki, président d’IBM France, Carole Delga, présidente de région Occitanie, Scott Crawder, vice-président américain de l’informatique quantique chez IBM et Philippe Augé, président de l’université de Montpellier. Photo L.B. - DR.

P.S.

Un groupe de recherche d’une dizaine de laboratoires et une centaine de chercheurs travaille sur les technologies quantiques en Occitanie, comme l’Institut Electronique du Sud et le laboratoire Charles Coulomb à Montpellier, le Centre d’élaboration de matériaux et études structurales, les laboratoires de physique et chimie des nano-objets, de physique théorique, Next à Toulouse, etc.