C’est une des maladies qui fait le plus peur. Le cancer du pancréas, s’il est diagnostiqué tardivement, a en effet un taux de survie à cinq ans inférieur à 10 %. Pour éviter ce risque, la jeune pousse perpignanaise Cleomics développe une innovation destinée à améliorer la détection de ce cancer puis, à terme, de plusieurs autres (foie, poumon, colon, etc.). Il s’agit d’une solution logicielle de diagnostic à destination des laboratoires d’analyse. Basée sur une prise de sang, elle combine le séquençage d’ADN extrachromosomique circulaire (dont la présence est importante dans les cellules cancéreuses) et des algorithmes d’intelligence artificielle pour identifier précocement des biomarqueurs spécifiques.
« Marie Mirouze, notre consultante scientifique, est l’une des rares chercheuses françaises spécialisées dans l’ADN extrachromosomique. Marie et moi avons décidé de collaborer pour permettre à ses recherches d’aboutir à une solution concrète en santé et répondre à un besoin dans le diagnostic des cancers », résume Philippe Outrebon, dirigeant de Cleomics, qui possède vingt-cinq ans d’expérience dans le domaine des biotechnologies. Il fut notamment responsable financier d’Acobiom, société possédant une expertise dans le développement de diagnostics moléculaires innovants.
« À un stade précoce, les chances de guérison peuvent être supérieures à 80 % »
Accompagné commercialement et au niveau marketing par Nubbo, l’incubateur à mission occitan, la start-up se lance dans une première levée de fonds. « Notre objectif est de lever 850.000 euros en 2026. Nous prévoyons déjà d’autres levées pour accompagner notre développement : un million en 2027 puis 15 millions en 2028 », indique l’entrepreneur. Cette montée en puissance financière doit permettre à la medtech de terminer les phases d’essais cliniques puis d’embrayer sur une commercialisation en Europe.
« Les plus de 50 ans sont 180 millions dans l’Union européenne. Cette population va croître de 28 % entre 2020 et 2050. lls représentent 91 % des cas de cancer. C’est un enjeu de santé publique majeur. Si un cancer est traité à un stade précoce, les chances de guérison peuvent être supérieures à 80 % », explique Philippe Outrebon. Au niveau ressources humaines, la jeune pousse pourrait connaître un fort développement. De quatre collaborateurs en 2026, la start-up pourrait passer à douze en 2027 et grimper jusqu’à cent salariés en 2031. Un cap symbolique qui démontrerait que l’outil logiciel a réussi à s’imposer comme une solution de référence dans ce combat médical majeur, pour détecter plus rapidement les cancers.
Matthias Hardoy
Sur la photo : Marie Mirouze, la consultante scientifique, et Philippe Outrebon, le dirigeant de Cleomics. Crédit : Cleomics.
