Le constructeur aéronautique Aura Aero pose les jalons de sa filiale militaire

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Aura Aero vient de décrocher le permis de construire de son usine sur la zone de l’ancien aéroport militaire Toulouse-Francazal. Mise en service en 2028, cette « Factory » de 40.000 m², au coût d’investissement de 135 millions d’euros, sera adaptée aux petits aéronefs destinés aux marchés civils mais aussi militaires.

Créé en 2018 par trois anciens ingénieurs d’Airbus, Aura Aero, constructeur toulousain du biplace pour les écoles de pilotage et de l’avion régional à propulsion hybride de 19 places, passe une étape cruciale. Il vient en effet d’obtenir le permis de construire d’une grande usine sur la zone de l’ancien aéroport militaire de Toulouse-Francazal. En bordure des pistes, sur la commune de Cugnaux, l’Aura Factory, d’une superficie de 40.000 m², comprendra le siège social de l’entreprise, les ateliers de pièces élémentaires, la ligne d’assemblage final, les essais en vol, la livraison et les espaces pour les clients.

Le premier coup de pioche de ce site devrait être donné à la fin de l’année 2026 pour une entrée en service deux ans plus tard. Un pool d’investisseurs et des emprunts bancaires devraient financer le budget de 135 millions d’euros​ ​dédié à la construction du bâtiment​ hors équipement. « Le site pourra, à terme, employer 1600 personnes, essentiellement en production, et générer plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires », avance Jérémy Caussade, président et cofondateur d’Aura Aero, sans préciser l’échéance. « Tout dépendra de la montée du nombre d’avions que l’on vendra et que l’on livrera », à la fois dans le domaine civil et militaire.

Version civile et militaire

En effet, l’entreprise s’est lancée dans la bataille des drônes avec la conception et la réalisation d’un démonstrateur Male (Moyenne altitude longue endurance) à bas coûts dans le cadre d’un appel à projets de la Direction générale des armées (DGA), en compétition avec LY-R, SE Aviation et Turgis Gaillard et Daher. La décision est attendue pour la fin de l’année.​ « On ne travaille pas pour perdre », assure Jérémy Caussade.

Dans cette course, l’avionneur s’est associé aux équipementiers Safran et Thales pour construire le premier prototype de ce drone militaire : Enbata, c’est son nom. Équipé de commandes de vol électriques, le grand engin mesure dix mètres de long et de dix-sept mètres d’envergure et est doté d’une masse utile d’une tonne.

Ce drone est voué à être certifié et produit en plusieurs exemplaires​ destinés, outre la DGA, au marché export.​ ​« On veut être un partenaire de confiance pour un certain nombre de pays », affirme le président. Dans ce cadre, Aura Aero a créé sa filiale Aura M, présidée par le général Stéphane Mille, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air et de l’espace de 2020 à 2024.

Pour accélérer son positionnement dans la défense, Aura Aero commercialise son biplace Integral​​ et son avion régional hybride électrique Era (pour Electric Regional Aircraft)​ dans une version militarisée. « Ce n’est pas un changement drastique de stratégie d’entreprise, ni de philosophie générale. Notre idée est de transformer l’existant et nos savoir-faire développé​s pour ajouter des briques ​et proposer des produits manquants en Europe », explique Jérémy Caussade.
Audrey Sommazi

Sur la photo : Jérémy Caussade, co-fondateur et président d’Aura Aero. Crédits : Rémy Gabalda-ToulÉco.

P.S. :

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