En 2030, la Station spatiale internationale (ISS) vivra ses dernières heures. Après trente années de rotation autour de la Terre, ce vaisseau, qui a accueilli à son bord des centaines d’astronautes, sera « désorbité », c’est-à-dire renvoyé dans l’atmosphère pour se désintégrer. Bâtie par la Nasa, avec le concours des grandes agences européenne, russe, canadienne et japonaise, l’ISS tirera sa révérence. Une autre station, entièrement privée et conçue par la start-up américaine Axiom Space, prendra le relais.
Dans cette conquête spatiale, Vast, une autre pousse américaine, veut prendre sa part du gâteau. Tout comme Spaceflight Institute (SFI). Ce centre a été fondé à Toulouse en 2023 par Stéphanie Lizy-Destrez, enseignante-chercheure spécialisée en conception des systèmes spatiaux à l’Isae-Supaero, et Jonathan Pickworth, un ancien étudiant de cette même école. Il vise à former les futurs astronautes -médecins, experts, chercheurs, ingénieurs - des futures missions commerciales, et ce, en moins d’un an. Sachant qu’actuellement la formation d’une astronaute comme Sophie Adenot est d’environ trois à cinq ans. Bien sûr, il faudra débourser entre 200.000 et 400.000 euros pour suivre les cours en accéléré.
330.000 euros levés en 2025
En attendant la première promotion d’astronautes, le centre de formation lance le programme certifiant dédié au vol spatial habité en cinq mois. Les cours de ce certificat, dispensé par une soixantaine d’experts, vont démarrer le 29 octobre dans les locaux de l’institut, à l’Isae-Supaero, à Toulouse, moyennant 25.000 euros.
"Le programme s’adresse à un public international, étudiants comme professionnels en spécialisation ou en reconversion, désireux de contribuer à l’avenir du vol habité", précise Ugo Bonnet, un ancien élève de l’école d’ingénieurs et directeur général de SFI. "Nous avons reçu trois cents marques d’intérêt." Les dix-huit candidats de la première promotion sont en cours de sélection. Choisis sur dossier, ils passent ensuite devant un jury d’experts qui se réunit tous les mois.
Le Spaceflight Institute, qui a intégré à sa création l’incubateur Tech The Moon à Toulouse, porté notamment par le Cnes, a levé 330.000 en 2025 auprès d’une vingtaine de business angels. Cette enveloppe comprend un prêt d’honneur de 100.000 euros contracté auprès de Créalia Occitanie, un fonds régional d’amorçage des entreprises innovantes.
Audrey Sommazi
Sur la photo : Ugo Bonnet, le directeur général du Space Flight Institute. Crédit : Hélène Ressayres- ToulEco.
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