​L’aéroport Toulouse-Blagnac peine à retrouver sa croissance d’avant-Covid et mise sur l’international

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La fermeture de la base Easyjet et la hausse de la fiscalité ​qui pèsent sur les billets d’avions​ ont entraîné une baisse du trafic domestique de la plateforme toulousaine​.

Les nuages ne se dissipent toujours pas au-dessus de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB) six ans après la pandémie. La plateforme a accueilli 7,6 millions de passagers en 2025. Or, ce chiffre est en retrait de 2,8 % par rapport à 2024 et est inférieur à celui de 2019, avec 9,6 millions de voyageurs comptabilisé​s. 

En cause, le trafic domestique : en baisse de 2,7 %, il représente 40 % de l’activité d’ATB en 2025. « Nous sommes à la moitié de ce que nous réalisions​ avant la pandémie », constate Philippe Crebassa, le président du directoire d’Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB), le concessionnaire, lors de la présentation ​des résultats annuels jeudi 19 mars.

L’une des raisons qui expliquent cette​ chute de la fréquentation des dessertes intérieures est la fermeture de la base toulousaine EasyJet en avril 2025. ​L​a compagnie à bas coût​, qui totalisait plus de deux millions de passagers​ en 2019, contre 1,5 million​ en 2024, a réduit ​l​e nombre de liaisons passant de vingt​ à onze. Résultat, le nombre de sièges a diminué de 30 %.

Philippe Crebassa attribue ​également l​a diminution du trafic à l’augmentation de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA). Le surcoût qu’elle génère est de 4,77 euros et s’applique à chaque embarquement pour un vol au départ de la France. Cette taxe s’élève jusqu’à 120 euros par trajet long-courrier en classe affaires.

Offre élargie à l’étranger

Cette année, ATB ​doit faire face à un nouveau changement : la navette Air France-KLM, ​cette ligne qui relie Toulouse à Paris-Orly, sera définitivement clouée au sol à partir du 28 mars. Cette desserte, assurée depuis 1996, transportait 1,6 million de personnes en 2019​ à bord des vingt-trois allers-retours quotidien​s. Mais, en 2025, ​c’est la crise : ils n’étaient plus que 800.000 voyageurs​ à emprunter les douze fréquences quotidiennes. ​

​Depuis Toulouse, la compagnie tricolore continue de desservir l’aéroport Charles-de-Gaulle en augmentant le nombre de vols quotidiens, jusqu’à douze par jour au lieu de sept,​ et laisse Transavia prendre le relais sur la ligne Toulouse-Paris Orly. Dès le 29 mars, date du début de la saison estivale pour le secteur aérien, la filiale low cost opérera huit vols par jour​. 

En parallèle,​ ATB ​parie sur l’étranger. « Le trafic, qui représente 60 % de notre activité, a atteint à 96 % son niveau d’avant-covid », ​s’est félicité Philippe Crébassa. Aussi, la stratégie d’ATB est de développer les liaisons à l’international. Cet été,​ cinq nouvelles destinations seront proposées avec l’arrivée ​notamment de Corsair, qui ouvre une triple desserte inédite vers La Réunion, Mayotte et l’Île Maurice. La liaison vers Saint-Denis de La Réunion doit débuter le 15 juin 2026. En tout, ATB dessert quatre-vingt-une destinations, dont dix-sept en France et soixante-quatre à l’international.
Audrey Sommazi

Sur la photo : L’aéroport Toulouse-Blagnac mise sur l’international pour relancer son trafic. Crédit : Rémy Gabalda-ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/%E2%80%8BL-aeroport-Toulouse-Blagnac-peine-a-retrouver-sa-croissance-d,51077