L’union fait la force. Satlantis France, jeune entreprise implantée à Bidart (Pyrénées-Atlantiques) en 2024, spécialisée dans la fabrication de caméra multispectrale, vient d’annoncer un partenariat avec un autre acteur du spatial, Comat. Cet équipementier, spécialisé dans le développement et l’assemblage de sous-systèmes, a inauguré il y a quelques semaines un nouveau bâtiment aux portes de Toulouse, à Flourens, augmentant ainsi sa surface de production. « Satlantis France apporte la technologie et Comat est l’architecte technique et la fabrique », résume Julien Chouillou, le directeur général de Satlantis France.
Ainsi, ce partenariat permet de répondre à des appels à projet groupés, comme celui du Cnes lancé en 2025. Il permet aussi à Satlantis France d’industrialiser une nouvelle génération de caméras optiques pour satellites combinant polarimétrie - méthode de mesure - et très haute résolution. Cette technologie appliquée à l’observation de la Terre adresse des enjeux stratégiques majeurs, notamment dans les domaines de la défense (décamouflage), de la surveillance environnementale et de la surveillance de l’espace. Ainsi, six salariés de Satlantis France seront, à la mi-2026, intégrés dans les locaux de Comat. « On veut se positionner pour des appels d’offres internationaux », précise Julien Chouillou, sans donner de précision.
26 millions de chiffre d’affaires en 2024
Surtout, ce partenariat permet à l’entreprise basque, filiale française du groupe espagnol du même nom, de mettre un pied au cœur de l’écosystème toulousain, là où sont concentrées les grandes entreprises, PME, start-up du spatial. « On cherche des relais et des contacts, car nous prévoyons d’ouvrir le capital de la filiale, sous la forme de participation, à des industriels français. Notre objectif est de créer une entité française », ajoute le directeur général.
Pour assurer son développement, la filiale peut compter sur sa maison mère, installée à Bilbao, en Espagne, depuis 2014. Satlantis a levé 27 millions d’euros entre 2021 et 2022 auprès notamment des gouvernements de l’Espagne, du Pays basque et de Biscaye, de la banque publique d’investissement espagnole et des grandes entreprises du secteur énergétique (Enagas, Williams Companies). Outre la fabrication d’instruments optiques embarqués sur satellites pour des missions de la Station spatiale internationale (ISS), le groupe a mis la main sur Supersharp à Cambridge, au Royaume-Uni. Et s’est diversifié. En 2022, l’entreprise a lancé et opéré son premier satellite, équipé de caméras satellitaires. Une opération qu’elle mène tous les ans pour des clients tels que le ArmSat – le gouvernement arménien - et Geosat. Avec 200 salariés, le groupe Satlantis a enregistré un chiffre d’affaires de 26 millions d’euros en 2024.
Audrey Sommazi
Sur la photo : Un instrument optique développé par Satlantis. Crédit : Satlantis.
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