La jeune pousse Swan-H carbure à l’ammoniaque (et c’est propre)

article diffusé le 21 avril 2026

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Zéro carbone à l’échappement et vecteur d’hydrogène performant : l’ammoniac s’invite dans la transition énergétique. À Toulouse, le chercheur Nicolas Mézailles est l’un des cofondateurs de la start-up Swan-H, transformant ainsi une découverte de laboratoire en entreprise.

Rouler à l’ammoniac ne relèvera bientôt plus de la science-fiction. En transformant l’azote de l’air et l’eau en ammoniac, à température et pression ambiantes, la start-up Swan-H ouvre une voie décarbonée pour produire à la fois un carburant et un vecteur d’hydrogène. Le procédé imaginé par l’équipe de Nicolas Mézailles, directeur de recherche CNRS au Laboratoire hétérochimie fondamentale et appliquée (LHFA), à Toulouse, trouve sa source d’inspiration dans la nature, où les enzymes fixent naturellement l’azote. Et comme l’ammoniac (NH₃) brûle sans CO₂ -la molécule ne contient pas de carbone-, sa combustion n’émet ni CO₂ ni particules. De plus, NH₃ est un excellent porteur d’hydrogène : plus dense en atomes et plus simple à liquéfier et transporter, il achemine l’énergie de l’éolien et du solaire sous une forme stable, libérée à la demande.

C’est pour contribuer à ces enjeux que Nicolas Mézailles a décidé de franchir le pas entre académie et entreprise. « Si je ne le faisais pas, personne ne développerait ce que nous avons trouvé au labo », estime le chercheur qui jongle désormais entre paillasse et tableaux de bord. Le chemin a commencé par un brevet déposé avec l’appui de Toulouse Tech Transfer avec une licence exclusive accordée à Swan-H. Nicolas Mézailles s’entoure ensuite de trois associés et recrute six salariés. Objectif : transformer un résultat de recherche en procédé industriel bas-carbone.

Depuis, les applications se précisent. Le transport maritime vise l’ammoniac comme carburant ; des annonces de moteurs et même de véhicules à l’ammoniac ont émergé. L’aviation au sol, la logistique portuaire et des mobilités régionales pourraient suivre. Côté réseaux, l’ammoniac ainsi produit devient un réservoir pour stocker les surplus d’électricité renouvelable et lisser l’intermittence.

Autre rupture : l’échelle. Parce que le cœur du procédé Swan-H est électrochimique et opère à faibles contraintes, il peut se miniaturiser. Demain, des exploitations agricoles ou des aéroports produiraient leur NH₃ sur site pour les engrais ou l’énergie, réduisant transports et dépendances. À grande échelle, l’industrialisation vise des volumes compatibles avec la décarbonation de chaînes d’approvisionnement.

Côté financement, la start-up a obtenu un financement d’amorçage auprès de business angels et de l’Aide au développement Deeptech de la Banque publique d’investissement (BPI) en 2022, puis réussi en 2024 une nouvelle levée de fonds à hauteur de 1,3 million d’euros pour développer un prototype permettant une production décentralisée de l’ammoniac avec une empreinte carbone réduite. L’étincelle est venue du labo ; l’impact se jouera dans l’usine et… sur la route.
Valérie Ravinet

Sur la photo : Nicolas Mézailles, confondateur de la start-up Swan-H. Crédit : Hélène Ressayres - ToulÉco.

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Source : https://www.touleco.fr/La-jeune-pousse-Swan-H-carbure-a-l-ammoniaque-et-c-est-propre,51491