Annabelle Viollet, Banque des Territoires : « L’Occitanie est un territoire d’ambition »

Nouvelle directrice régionale de la Banque des Territoires Occitanie, Annabelle Viollet a commencé sa tournée de rencontres avec les élus locaux. À l’occasion du bilan 2020 de l’institution, elle dresse le portrait de la région et de ses grands chantiers.

Annabelle Viollet, vous venez d’arriver à la tête de la direction régionale. Comment jugez-vous le bilan de la Banque des Territoires en Occitanie ? 
C’est un bilan qui est bon car nous sommes présents de façon vigoureuse sur tous nos métiers. Ce qui veut dire que nous sommes là où on nous attend dans le soutien à l’économie et au développement territorial. Pour autant, la région Occitanie est une région XXL avec deux métropoles, un tissu de villes moyennes, des centre-bourgs et de la ruralité… Maintenir l’équilibre territorial est très important, et donc notre sujet, c’est de faire encore plus et encore mieux, car l’Occitanie est un territoire d’ambition, avec des potentialités de développement très fortes.

À quel niveau ?
Sur la relocalisation industrielle, sur le tourisme, sur les villes moyennes et les centres-bourgs, mais aussi sur le médico-social… Sur ce bilan 2020, nous avons débloqué 1,1 milliard d’euros de prêts. Nous sommes sur un trend continu et consolidé. Le fond L’Occal fait aussi partie des mesures d’urgence que nous accompagnons et ça, c’est une vraie capacité qu’a la Banque des Territoires de pouvoir agir en urgence et de pouvoir débloquer des enveloppes spécifiques. Nous l’avons fait également en appui des bailleurs sociaux, des sociétés d’économie mixte, etc. Nous avons utilisé tous les leviers possibles pour être en soutien pendant cette période de crise et nous continuons à le faire.

Depuis votre prise de fonction en janvier, vous avez commencé à rencontrer les élus du territoire. Dans quel état d’esprit les trouvez-vous ?
Je les trouve au combat… Je les trouve ambitieux car j’entends parler d’énormément de projets dans les collectivités locales. Pour les villes et les EPCI, nous sommes à une période juste après les élections, donc il y a une vraie dynamique de début de mandat. Il faut donc que nous soyons à la hauteur des enjeux. 

Un mot sur le fonds L’Occal… La Banque des Territoires a mobilisé 11,85 millions d’euros sur une enveloppe globale de 80 millions d’euros. Concrètement, cet argent sert à quoi ?
Il sert à soutenir les entreprises de tourisme, de commerces de proximité, les artisans… Et nous sommes en train de travailler avec la Région sur le fait de pouvoir orienter une partie de ce fonds sur les problématiques du thermalisme. J’étais à Ax-les-Thermes il y a peu et on peut y voir toutes les problématiques liées à l’impact de la pandémie sur l’économie de la montagne et du thermalisme. Les territoires de montagne sont ultra prioritaires dans la crise que nous traversons. 

Parmi ces territoires, celui de Lourdes souffre particulièrement…
C’est le premier maire de montagne que je suis allée rencontrer à ma prise de fonction. Evidemment, nous devons être au contact et en collaboration étroite avec l’État et les collectivités pour pouvoir intervenir et nous sommes en train de regarder les meilleures modalités pour pouvoir le faire. C’est un sujet complexe car il y a un problème de diversification de la destination, mais aussi de tissu socio-économique qui repose sur des particuliers qui portent des commerces, des hôtels, des restaurants, etc. Ce tissu, il faut arriver à le fédérer autour d’une vision commune et ça, c’est le travail des élus que nous devons accompagner. Une fois que nous aurons cette vision, nous pourrons intervenir sur le financement des actions à mettre en oeuvre.

Côté littoral, quelles sont les problématiques auxquelles vous êtes confrontées ?
Là encore, nous nous penchons sur la sortie de crise, avec des problématiques d’habitat et de co-propriétés sur le littoral… Mais on a aussi le sujet de la diversification en raison de la saisonnalité de l’économie. Nous avons à travailler également sur les territoires en rétro-littoral car les retombées économiques ne doivent pas exclusivement se situer sur le front de mer. Pour cela, nous avons des projets dans le cadre du Plan Littoral 21, et c’est ce vecteur qui va nous permettre de financer des études sur certains projets. Et nous verrons, projet par projet, station par station, comment nous allons venir les accompagner. 

C’est un travail de fourmi…
Oui, mais c’est pour cela que nous sommes un partenaire de long terme. Pour pouvoir accompagner les sujets sur plusieurs années : sur l’immobilier touristique, sur l’assainissement de l’eau ou encore sur l’économie. Nous soutenons par exemple le projet de Port-La-Nouvelle qui porte notamment sur l’éolien flottant et la production d’hydrogène, sujet de structuration de filière qui touche aussi le Tarn au passage. 

Un mot sur la relocalisation justement. Est-ce que ce n’est pas un voeu pieu ? Comment réconcilier l’économie avec une certaine acceptation sociale ?
C’est un vrai sujet, qui est en vérité un sujet très politique et sociétal. Je pense que l’on peut arriver à concilier ces problèmes si on associe au maximum les citoyens à ces décisions et si on fait de la pédagogie pour expliquer ce que signifie cette relocalisation et ce qu’elle induit comme retombées positives pour le territoire en emplois, en panier moyen chez les commerçants, en écoles qui restent ouvertes sur le territoire, etc. Pour cela, il faut travailler sur la structuration de filière et sur des projets de toutes tailles (TPE, PME, ETI…). Par exemple, avant l’été, nous allons entrer au tour de table de l’Aris, la nouvelle agence régionale d’innovation créée par Carole Delga, ce qui va nous permettre de cibler des secteurs sur lesquels on veut intervenir en bonne concertation avec tous les acteurs. Avec le dispositif national Territoires d’industrie, dont l’objectif est de soutenir et d’accélérer le développement de nos territoires à forte dimension industrielle, nous entendons renforcer notre aide dans le déploiement de nouveaux projets en Occitanie.

Le tout, sans distinctions ?  
Pour tous ces territoires, de montagne, de littoral, d’industries, en zone rurale, etc. sur lesquels les investisseurs classiques répondent moins souvent présents que dans les métropoles par exemple, nous avons un devoir, qui est de répondre à leurs enjeux, de nous adapter à leurs besoins. Et en plus, ils fourmillent d’idées. Parfois, les maires de communes n’osent pas nous solliciter car ils estiment que leurs projets sont trop petits. C’est une erreur, la Banque des Territoires est faite pour tous les territoires, au pluriel, et donc, que les élus n’hésitent pas à venir nous voir. 
Propos recueillis par M.V.

Sur la photo : Anabelle Viollet, lors de sa visite à Fleurance, dans le Gers. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco.

Le bilan 2020 en chiffres de la Banque des Territoires Occitanie

> 1,1 milliard d’euros de prêts signés
> 67 millions d’euros d’investissement en fonds propres
> 11,85 millions d’euros de soutien au fonds L’Occal
> 3,4 millions d’euros d’études et ingénierie de projets
> 4,5 milliards d’euros d’encours de dépôts
> 368 millions d’encours de consignations

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Source : https://www.touleco.fr/Annabelle-Viollet-Banque-des-Territoires-L-Occitanie-est-un,31314