Comment amener les jeunes diplômés vers les PME ?

Françoise Gimeno, dirigeante de la société D’oxygène², spécialisée en corporate coaching et optimisation des ressources humaines en entreprise, évoque ce mois-ci pour les lecteurs de ToulÉco la manière d’ouvrir les PME aux jeunes. Votre avis intéresse le blog des experts de ToulEco, vous êtes donc invités à réagir et à répondre à Françoise Gimeno.

Comment concilier les jeunes diplômés avec les PME – PMI ? ou l’inverse ?
Les réformes économiques prises par notre gouvernement, la crise, les difficultés des petites sociétés pour faire face à cette crise économique mais aussi les journées longues, les lourdes responsabilités….n’incitent pas nos jeunes à créer, à reprendre ou tout simplement intégrer une PME. Or c’est dans ces PME et TPE que le gisement de l’emploi est le plus important.

Comment rapprocher les jeunes diplômés des PME ?
Lorsqu’on pose cette question aux grandes Ecoles, elles nous répondent sans hésiter : « En ouvrant leur culture et en suscitant l’intérêt ». Ceci est valable autant pour les jeunes envers les PME, que pour les dirigeants vis-à-vis des jeunes diplômés. C’est d’ailleurs ce qui nous allons tenter de faire ou du moins « amorcer la pompe » le lundi 21 mai à l’ESC Toulouse avec une rencontre exclusive entre les PME-PMI et les jeunes. Il s’agira d’un zoom sur les sociétés qui ont choisi et/ou qui ont été choisies par des jeunes avec leurs retours d’expérience et de nombreux témoignages sur les intérêts d’un tel rapprochement.

Pourquoi nos jeunes « boudent-ils », selon vous, nos petites entreprises ?
Tout incite nos jeunes à se tourner naturellement vers les grandes sociétés.
En règle générale, ils poussent leurs études pour aller travailler dans un grand groupe. L’étudiant a fourni beaucoup d’efforts et à ce titre il mérite d’être accueilli dans un poste équivalent à ses compétences et expertises acquises durant son long parcours. D’ailleurs, sur ce parcours, les étudiants sont motivés pars leurs professeurs à viser la grosse structure. Ce qui est tout a fait légitime car la réussite d’un jeune est aussi la réussite des intervenants. De fait, il est beaucoup plus valorisant d’intégrer un grand groupe, reconnu si possible avec des avantages financiers et d’évolution de carrière qui ne sont pas négligeables.
A contrario, un début de carrière dans une PME, nécessite beaucoup plus de polyvalence et de souplesse. L’évolution de carrière n’existe pas nécessairement et les salaires sont de façon générale moins élevés, même si cela dépend évidemment des entreprises.

Quels avantages voyez-vous à travailler dans un grand groupe ?

  • Une forte valorisation
  • Avantages financiers et d’évolution de carrière
  • Reconnaissance d’une expertise
  • Fort enrichissement par la connaissance des processus performants déjà mis en place dans le groupe
  • Une belle carte de visite, si changement envisagé

Quels sont les inconvénients, d’après vous ?

  • Les personnes qui intègrent un grand groupe sont souvent limitées à leur expertise et aux processus déjà existants, ce qui laisse peu de place à la créativité.
  • Une plus grande mobilité géographique, cela peut être d’ailleurs un avantage
  • Une sélection d’entrée « rude », ne passent que les meilleurs avec bien sûr beaucoup de concurrents.

Quels sont, selon vous, les avantages de travailler dans une PME ?
Le premier avantage est la connaissance globale de la société pour laquelle nous travaillons et la polyvalence. Les jeunes ont tendance à considérer cet avantage comme un inconvénient de reconnaissance. Ce qui est tout à fait faux car la PME a besoin malgré ce fonctionnement souvent demandé, d’un œil neuf et expert.
De plus, la PME permet souvent à ses employés d’avoir un regard critique, autorisé et incité sur la conception du produit jusqu’à sa distribution. On fait partie d’une équipe et plusieurs avis sont importants pour faire évoluer la société pour laquelle nous nous impliquons.
Chaque personne a de l’importance, ce qui extrêmement valorisant.
La notion de confiance est aussi très forte dans les PME. Il n’est pas rare en effet d’être sollicité sur des projets et d’être autorisé à être créatif. Les PME ont besoin d’idées, non seulement elles autorisent la créativité mais incitent leurs collaborateurs à « se lâcher ».
L’intégration dans une équipe est très rapide. Il existe un véritable accompagnement, des échanges et du soutien.

Quels sont, à l’inverse, les inconvénients que vous percevez ?
Souvent de nombreuses heures.
Les salaires sont moins élevés que dans des grands groupes.
L’image extérieure est moins valorisante.

Existe-il un parcours idéal ?
Tout dépend de la personne, de ses compétences mais aussi de ses valeurs, de son idéal.
Il est, à priori, plus facile de débuter par le grand groupe et de bifurquer vers la PME car la personne a acquis une grande richesse sur les processus déjà existants et performants qu’elle pourra transmettre à la PME. Elle a désormais l’expertise qui fera d’elle une personne de confiance, écoutée sur les propositions amenées. Cela représente un sérieux avantage à la PME mais aussi à la personne considérée comme étant l’expert expérimenté, qui lui permettra de se focaliser plus facilement sur la notion de création pour la PME.
L’ESC de Toulouse s’emploie à ouvrir l’esprit des étudiants sur d’autres possibilités que le grand groupe avec son séminaire ouvre boite, axé entrepreunariat.

1 Message

  • le 18 février 2012 16:16

    C’est tout-à-fait vrai, les grandes écoles poussent à intégrer une grande entreprise, c’est bon pour leur image.Mais en ce qui me concerne, on ne m’avait pas prévenue qu’il faudrait supporter une hiérarchie pesante et un contenu de travail qui laisse rarement place à la créativité et au changement.
    Les grandes entreprises ne sont pas faites pour tous !

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Source : https://www.touleco.fr/Comment-amener-les-jeunes-diplomes-5295