Entrepreneuriat : êtes vous prêt à changer de vie ?

Salaire divisé par deux, responsabilités multipliées par autant, voire plus... avez-vous pris la mesure de la reprise ?

Si le repreneur est le seul à prendre les rênes de l’entreprise, il va entraîner sa famille dans ce projet chronophage et coûteux. Un point à ne surtout pas négliger ! Mais il va aussi changer de train de vie.
Si un repreneur peut normalement se rémunérer quand il prend ses fonctions, son revenu sera pourtant très inférieur à ce qu’il touchait en tant que cadre-dirigeant ou même salarié. « Les futurs repreneurs doivent faire le bilan de leur situation personnelle. Un cadre-dirigeant de
groupe qui atteint la cinquantaine et s’interroge sur son avenir est habitué à un train de vie conséquent », avertit ainsi Arnaud Besombes, expert-comptable chez Fidsud-CDBA, spécialiste de la transmission-reprise. « Souvent, il rembourse encore l’emprunt de sa résidence principale et finance les études de ses enfants. Je rappelle que le revenu moyen d’un dirigeant de PME est de 4000 euros mensuels ! Quand vous êtes dirigeant de PME, vous devez d’abord payer les salaires, vos fournisseurs et rembourser le crédit. Vous vous rémunérez avec ce qui reste. » Un écueil que relève également Eric Goi, responsable régional création transmission reprise à la CCI Occitanie. « Le repreneur va perdre en qualité de vie. Il faudra compter en moyenne une diminution par deux du salaire d’un cadre supérieur », note-t-il.

Une charge mentale pesante

« Il va travailler plus que dans le groupe où il évoluait, voir ses responsabilités et son stress augmenter de façon exponentielle pour un salaire deux fois inférieur. Il s’agit d’un pari sur le long terme et il pourra, si tout se passe selon ses projets, espérer s’y retrouver au moment de sa propre cession », ajoute-t-il.
Outre le salaire, il faudra aussi consentir des sacrifice personnels. Finis les week-ends en famille ! « Le repreneur aura aussi beaucoup moins de temps à accorder à ses proches », constate Arnaud Besombes. « Je ne nie pas la charge mentale du salarié, mais celle d’un chef d’entreprise est très importante. Le conjoint et les enfants doivent accepter des journées qui font plus de dix ou douze heures et des week-ends où le repreneur ne sera plus disponible pour les siens. » La reprise est un véritable engagement, qui implique aussi la famille.
Agnès Fremiot
Illustration : Iwego - DR.

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le hors série Guide du Repreneur d’Entreprise en Occitanie, édition 2021

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Source : https://www.touleco.fr/Entrepreneuriat-etes-vous-pret-a-changer-de-vie,31771