Reprise d’entreprise : avez-vous le profil ?

Avant de songer à reprendre une entreprise, il faut s’assurer d’être bien préparé aux engagements qui vont vous incomber.

Le repreneur va non seulement se retrouver confronté à son nouveau job de chef d’entreprise, mais il va également devoir gérer des préoccupations qu’il n’avait pas envisagées quand il était salarié. Il va devoir s’improviser DRH, comptable et parfois même plombier ou psy !

Eric Rosseeuw, fondateur de Transaxiall :
« Un projet de reprise par une personne physique se prépare et de la qualité de cette préparation découlera la réussite du projet. Il est essentiel de savoir qui on est et ce qu’on peut envisager de reprendre. Dans cette optique, le repreneur doit identifier correctement ses atouts et ses faiblesses. C’est un travail de préparation qui impose au repreneur de s’interroger sur ses compétences, ses expertises, et sur ses contraintes personnelles, familiales, et patrimoniales. »

Julie Camboulive Schlegel, expert-comptable chez Ajicéa, spécialiste de la transmission des entreprises, intervient en tant que formatrice auprès de la Chambre de métiers et de l’artisanat :
« Bien souvent, les futurs repreneurs ont déjà eu des fonctions de direction dans une entreprise ou une expérience de management. Ils ne souhaitent plus dépendre de supérieurs hiérarchiques. Ils ont envie de passer à autre chose et de prendre les rênes d’un projet qui leur ressemble. D’expérience, ceux qui le font par défaut ont plus de difficultés. Diriger une entreprise demande en effet un véritable engagement. Il vaut mieux se lancer dans une reprise par envie profonde. Il ne faut pas se baser sur des « il faut », mais plutôt sur des « j’ai envie ».

J’explique ainsi aux porteurs de projet, qu’ils vont se retrouver sur le pont du lundi au dimanche, qu’ils n’auront peut-être plus de week-end, et qu’ils vont se découvrir des préoccupations qu’ils n’avaient pas jusque-là (la trésorerie, le management, les ressources humaines, etc). Un dirigeant d’entreprise est multi-casquettes. Il doit être à la fois bon technicien dans son domaine, mais également un peu DRH, un peu comptable, un peu fiscaliste, juriste, acheteur, vendeur, etc. La direction d’entreprise est transversale et demande des compétences très variées. Certains ne le réalisent pas. Ils arrivent avec leurs bagages de salariés sans s’être posé toutes ces questions.

Il faut aussi gérer ses peurs. Quand on devient chef d’entreprise, on sort du salariat. On n’a plus l’assurance d’une rémunération qui tombe à la fin du mois ou la sécurité du chômage si on échoue dans son projet. On doit faire face à certaines incertitudes ou aléas financiers, qui peuvent générer beaucoup de stress. Je recommande d’en parler avec son expert-comptable, afin d’éviter de perdre du temps et se fourvoyer dans une direction qui n’est pas en phase avec ses réelles aspirations. »

Ce qu’il faut retenir...

• Neuf fois sur dix, le repreneur n’est pas préparé à diriger une entreprise.
• Il vaut mieux se lancer dans une reprise par envie profonde.
• La direction d’entreprise est transversale et demande des compétences multiples.
• Il va falloir apprendre le métier de chef d’entreprise, en plus de ses fonctions de direction.

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le hors série Guide du Repreneur d’Entreprise en Occitanie, édition 2021

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Source : https://www.touleco.fr/Reprise-d-entreprise-avez-vous-le-profil,31743