Laure Latour : La reprise est un vrai parcours du combattant

Arrivée au cap stratégique des quarante ans, Laura Latour a décidé, après un parcours de DRH dans l’industrie lourde de se tourner vers l’aventure entrepreneuriale. Témoignage.

« Mon parcours et mon expérience professionnelle m’ont incitée à songer à un rachat d’entreprise », souligne-t-elle. La décision n’est pas facile à prendre. « Il faut accepter de se lâcher des deux mains et ne plus compter sur un salaire qui tombe à la fin de chaque mois », note la chef d’entreprise, fataliste. Elle choisit de se former pour reprendre les bases et mène en parallèle ses recherches de projet. Son projet est cadré, elle cible une PME, située entre Toulouse et Montpellier, dont le chiffre d’affaires doit tourner autour de 1 à 2 millions d’euros, « voire plus, les dispositifs de financement permettent de viser plus haut », plutôt industrielle. Un premier projet attire son attention, une société qui travaille dans l’Internet des objets « avec de belles compétences et des clients ».

« Le dossier était bien avancé. J’avais rencontré les salariés, l’entreprise avait des clients. » Mais la démission d’un salarié clé et une commande non honorée font douter Laure Latour, qui préfère ne pas donner suite. « Ce n’est pas une décision facile à prendre. Nous avions travaillé sur le projet pendant quatre mois à fond et il était très avancé. » Des projets chronophages et un marché verrouillé L’horloge tourne et pour faire aboutir un projet comme celui-ci, ce sont dix ou quinze dossier que les deux associés doivent étudier. « Je savais aussi que mes droits à l’allocation chômage n’étaient pas éternels. »

Une création pour préparer sa reprise

Laure Latour constate également que le marché de la reprise est verrouillé par quelques fonds qui s’arrogent les bons projets. « Tous les moyens sont bons pour trouver : le réseau personnel et les rencontres. Je ne compte plus les événements auxquels j’ai participé », remarque-telle. La chef d’entreprise compare ce parcours du combattant à un savant mélange entre l’achat d’une maison et le recrutement d’un salarié. « Le futur repreneur cherche la perle rare, à un prix raisonnable, qui tiendra debout et en parallèle il doit convaincre le cédant d’être la bonne personne. » La relation avec les cédants n’est pas non plus une évidence. « Certains jouent le jeu pour donner une valeur à l’entreprise familiale et mieux la céder ensuite à leurs enfants », constatet- elle avec une certaine amertume.

Laure Latour décide finalement de créer sa société de conseils RH spécialisée dans le recrutement pour les fonds. « Ainsi je reste dans le business et je peux trouver des projets potentiellement intéressants, quitte à ne pas être majoritaire dans la première phase et à le devenir par la suite. » L’entrepreneuse a plusieurs projets en ligne de mire. Elle demeure cependant fataliste. « L’un d’eux peut aboutir rapidement, comme capoter. »
Agnès Fremiot
Crédit photo : DR

Ses conseils

> « Contrairement à ce qu’on lit, je recommande d’avoir une activité à côté pour se détacher. »

> « Être accompagné par un mentor ou un associé est essentiel pour prendre du recul quand on en a besoin. L’entrepreneuriat est un exercice solitaire. »

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