Aranda-Mas : le comptoir est bon pour Thomas Honiger

Oui, c’est le moment de reprendre. Inutile de différer vos projets si vous sentez que le moment est venu. Des spécialistes vous l’expliqueront : certes les bonnes affaires risquent de se multiplier, mais sans cynisme, vous pouvez aussi créer de nouveaux modèles d’association pour permettre aux cédants de partir la tête haute. Premier article de ce dossier : le témoignage de Thomas Honiger, repreneur de la société Aranda-Mas.

Thomas Honiger a fait carrière dans l’aéronautique avant de faire un virage à 180° et de reprendre une société. « Je travaillais dans un grand groupe en tant que technico-commercial. J’ai eu envie de changer de voie et de cesser de conseiller les autres pour me conseiller moimême », constate-t-il. « J’avais l’impression d’être déconnecté du terrain et je désirais revenir à quelque chose de moins abstrait », ajoute-t-il. À 45 ans, il fait donc le grand saut avec une seule certitude : il est trop vieux pour créer. « Le gros avantage de la reprise, c’est qu’elle génère des revenus directement. Il faut être encore plus fou pour se lancer dans une création. Si le cédant n’a pas exagéré la valorisation, l’entreprise est en mesure d’auto-financer son rachat. » Et puis surtout avec une reprise, Thomas Honiger peut changer radicalement de secteur. De l’aéronautique, il passe à une entreprise artisanale qui repose presque entièrement sur le savoir-faire avec la conception, la fabrication, la finition et l’installation de comptoirs sur mesure pour les commerces, la restauration, ou les entreprises.

Un sourcing minutieux

Pour trouver son projet, l’entrepreneur définit, en amont et avec précision, ses envies et se lance dans un véritable travail de fourmi pour trouver la société qui lui correspond. « J’ai cadré ce que je souhaitais acheter et ce que je pouvais apporter à une entreprise. J’ai cerné quatre ou cinq critères, concernant l’activité et la localisation. J’ai ensuite identifié 2000 cibles potentielles sur Internet en consultant des sites spécialisés. J’ai filtré pour arriver à vingt projets intéressants en me basant sur l’âge du cédant. J’ai appris à connaître chacune de ces entreprises. » Finalement, un heureux hasard place le futur repreneur sur la piste d’Aranda- Mas.

Il reconnaît l’entreprise dans le magazine de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) parmi des projets à céder. « Au début, on pense que c’est le repreneur qui choisit l’entreprise, mais c’est le cédant qui choisit le repreneur. Pour une annonce, il reçoit entre huit et dix réponses. Il faut donc le séduire et mon projet de développement de l’entreprise l’a intéressé. La grande chance que j’ai eue, c’est qu’il accepte de m’accompagner. Je changeais totalement de métier, ce qui était un gros frein pour les banquiers. » Thomas Honiger avait imaginé que cet accompagnement allait durer trois mois, le cédant le suit pendant un an. « J’avais besoin que la greffe prenne », constate-t-il.

L’innovation au service de l’artisanat

Dans un premier temps, le repreneur ne change rien à la société. Il profite de la période de transition pour apprendre son métier de chef d’entreprise et repérer les points forts et les points faibles de sa société. « J’ai ensuite fait quelques changements au niveau des RH. Je me suis entouré d’une équipe et j’ai surtout cherché à pérenniser les savoir-faire en ayant recours à l’apprentissage. » Une stratégie qui s’est aujourd’hui avérée payante. « J’ai aussi revu à la baisse mes grands projets d’investissement dans des machines numériques pour vraiment m’investir dans l’humain. »

Il modernise cependant l’entreprise en se déployant sur Internet et sur les réseaux sociaux. Il travaille également sur un projet innovant de comptoir du futur notamment avec l’Icam. Son projet CISC (Comptoir intelligent social connecté) est lauréat du concours Readynov porté par la Région Occitanie. « Nous sortons la tête de l’eau quelques heures par semaine pour travailler sur ce projet de R&D », se félicite-t-il.
Agnès Frémiot
Photo : Hélène Ressayres - ToulÉco

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le hors série Guide du Repreneur d’Entreprise en Occitanie, édition 2021

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Source : https://www.touleco.fr/Aranda-Mas-le-comptoir-est-bon-pour-Thomas-Honiger,31736