« La clé de la réussite pour les villes moyennes, c’est le train et l’internet »

Jean-Paul Volle, géographe, professeur émérite de géographie urbaine et régionale à l’université Paul-Valéry de Montpellier

Vous étudiez l’Occitanie Est depuis 40 ans. Quelle est la place pour les villes moyennes dans les prochaines années ?
La dynamique démographique enclenchée il y a un demi- siècle se poursuit. C’est rare qu’un territoire soit confronté à cette réalité. Le passage en « grande région » Occitanie n’a pas modifié en profondeur la situation, alors qu’on aurait pu penser qu’il génèrerait un ralentissement. La façade maritime du Languedoc ressort comme un point fort d’accrochage de la croissance démographique. L’aire urbaine de Montpellier est passée de 116 à 150 communes autour de Montpellier, selon l’Insee. Cette évolution chiffrée montre que l’on vit une dilatation de l’espace urbain.

Une revanche des villes moyennes est-elle en marche ?
Je ne parlerais pas de « revanche » car il n’y a pas eu d’agression de Montpellier ! Je dirais plutôt que la dimension métropolitaine n’est pas un étouffoir pour les villes moyennes voisines. Il y a même une dimension de complémentarité. Montpellier ne mange pas tout, même si beaucoup d’élus ont développé un discours concurrentiel. La dynamique démographique permet à la fois de densifier les villes-centres et de disperser la population sur les villes périphériques. Sur le clavier d’un piano, les notes graves et aiguës contribuent à la même symphonie !

Quels sont les atouts spécifiques des villes moyennes ?
Elles disposent d’un atout clé : la disponibilité de foncier d’activité pour implanter des entreprises, et donc créer de l’emploi. Dans l’aire métropolitaine, le manque de foncier devient un frein à l’accroissement de l’activité économique. Les villes du réseau urbain languedocien languedocien doivent profiter de cette saturation foncière métropolitaine pour qualifier leurs profils économiques. Sur ce plan, je dois avouer que Béziers se bouge bien, avec la création d’une filière logistique, le lancement de la société Genvia pour la production d’hydrogène décarboné et, de façon globale, une capacité à se réinventer. La généralisation du télétravail ouvre de nouveaux modes de vie, mais attention : les villes moyennes ont besoin d’une armature de haut niveau technologique. La fibre optique et la 5G deviennent les supports de la nouvelle créativité économique. La clé de la réussite pour les villes moyennes, c’est le train et l’internet.
Propos recueillis par Hubert Vialatte

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Source : https://www.touleco.fr/La-cle-de-la-reussite-pour-les-villes-moyennes-c-est-le-train-et,32241