Oser rebondir dans sa vie professionnelle

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Françoise Gimeno, dirigeante de la société D’oxygène², spécialisée en corporate coaching et optimisation des ressources humaines en entreprise, invite les lecteurs de ToulÉco à s’interroger, en juin, sur la façon dont on peut rebondir tout au long de sa vie professionnelle.
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Pourquoi consacrer ce mois-ci un sujet à cette thématique ?
D’après l’Insee seul un jeune de moins de 25 ans sur 3 et un sénior de plus de 55 ans sur 3 exerce un emploi en France. Si l’on considère que chacun d’entre nous peut, en plus, faire face à des évènements de la vie (déménagement, maladie, divorce, licenciement...), notre époque nous oblige à rebondir, à nous pousser hors de notre zone de confort, alors même qu’elle nous y avait amené.
Comment rebondir ? Comment s’y préparer ? Comment réussir et vaincre ses peurs ?
Rebondir est un verbe d’action très positif : c’est retrouver un nouvel élan après une période difficile.

Justement comment peut-on rebondir ?
Une expertise de nos talents est indispensable. Il faut donc faire le point sur nos capacités et notre plaisir à faire. La notion de plaisir est en effet très importante pour vivre le changement, quel qu’il soit.
Afin de rebondir professionnellement, il est souvent vivement indiqué également d’effectuer un bilan de compétences. De là, on étudie un projet et on vérifie sa faisabilité (opportunité de marché, étude de marché, possibilité financière...).

Comment se préparer au changement ?
Se préparer à se lancer dans un nouveau projet, une nouvelle vie, demande beaucoup d’énergie et de courage. Mais attention, on peut se permettre de rêver et de se projeter, tout en restant dans le factuel.
Il faut donc tester ses idées sur le terrain. Au niveau professionnel, il convient de pratiquer notamment en faisant des stages en amont, pour s’assurer que le métier, le produit ou le service peut fonctionner. Mais il faut aussi s’imposer une vérification sur notre plaisir, nos difficultés, nos forces, et notre comportement face à la nouveauté. C’est une phase de vérification pratico-pratique indispensable.

Comment réussir à rebondir et à vaincre ses peurs ?
Il faut rester dans l’inconditionnellement positif. Après vérification de tous les points stratégiques, on se lance dans l’aventure et le maître mot est alors de croire. Il faut croire en nous-même, en la richesse de nos ressources, en notre projet et rester dans l’action.
Avoir peur est un sentiment normal et nécessaire qui permet la remise en question ainsi que l’adaptation éventuelle. En revanche, il est nécessaire d’éviter de s’isoler dans sa peur, de crainte qu’elle ne fausse notre regard sur les choix à faire ou les décisions à prendre. On peut partager nos peurs, avec d’autres personnes, voire avec soi même sur un cahier de bord. De cette façon , prendre du recul est plus facile et permet ce fameux « lâcher-prise ». Il est d’ailleurs vivement conseillé d’être accompagné dans les moments de changements importants.
La réussite étant extrêmement liée à la motivation, il faut rester dans l’action sans craindre le changement. Tout changement est difficile mais surmontable !

Pour conclure, vous vouliez prendre un exemple illustrant ce que vous venez d’évoquer. Quel est-il ?
Denis Finos, dirigeant de DEFI Services et Travaux sur Toulouse, est en effet passé par là. « La dernière crise a provoqué un nombre important de chutes, et donc d’opportunités de rebonds. Des filières toutes entières ont été affectées par les soubresauts de l’économie depuis juillet 2007, puis septembre 2008. A cette époque j’étais conseiller indépendant en investissement. La crise financière a tout d’abord touché tous les métiers du patrimoine (Immobilier, banque, assurance...). L’année 2007 a été difficile, et 2008 ne s’annonçait pas plus favorable. J’ai donc cherché une solution qui devait me permettre d’attendre un nouveau retournement. Souhaitant privilégier mon statut de travailleur indépendant, j’ai recherché les opportunités professionnelles. J’ai découvert mon nouveau métier en mai 2008 : courtier en travaux. J’ignorais tout du courtage en travaux, mais mon parcours professionnel et personnel faisait de moi le client idéal pour cette nouvelle activité. J’ai donc testé le marché, en rencontrant un franchiseur, et en consultant des professionnels du bâtiment. Le tout m’a permis de me faire une opinion sur l’intérêt de ce marché. J’ai créé ma nouvelle entreprise le 1er septembre 2008. Je me suis lancé dans ce projet avec toute la force nécessaire pour le construire et le développer et me permettre ainsi d’envisager l’avenir avec beaucoup d’enthousiasme et de perspectives. »

6 Messages

  • le 28 juin 2011 11:57

    A 43 ans, j’ai décidé de ne pas prendre un poste qui m’était proposé à Paris, et ce, pour continuer à vivre dans la région toulousaine.
    Voici une anecdote qui illustre bien certaines postures de la part de recruteurs :
    mon cv avait été retenu pour un poste qui correspondait à mes compétences et proposé par une société que je connaissais bien. J’ai été convoqué par un cabinet de recrutement pour l’entretien. Le recruteur, plus âgé que moi m’a posé diverses questions jusqu’au moment où il m’annonce tout de go : « alors, bientôt l’âge de la retraite ! »
    C’était il y a 2 ans, moment où justement on commençait à parler des recruteurs français et de leurs blocages vis à vis des jeunes et des seniors.
    (Pour info, je ne comprends pas très bien les limites de cette nomenclature !)
    J’ai effectué une formation double, universitaire avec une spécialisation en école d’ingénieur (Bac + 7) donc commencé ma carrière professionnelle à 27 ans, je me suis perfectionné et continue de me perfectionné en formation continue quand il le faut, j’ai été mobile et disponible en occupant des postes à responsabilités en France et à l’étranger ...
    J’ai répondu qu’il n’y avait guère qu’en France que les recruteurs étaient aussi à coté de la plaque. Bien entendu je n’ai pas eu le poste, ce n’était pas une question piège, mon interlocuteur était sincère et ne se rendait même pas compte de ce qu’il pensait et exprimait.
    Depuis j’ai trouvé un nouveau poste et je pense que j’en changerait très probablement. Je considère que j’ai encore le temps de faire beaucoup de choses !!! J’ai eu 46 ans il y a quelques jours...

  • le 29 juin 2011 08:44

    Bravo,

    vous avez raison de ne pas vous arrêter à ces obstacles même si c’est parfois très difficile.
    Vous avez acquis une expérience et des connaissances qui doivent sans doute être très profitables à la société qui a « osé » vous employer aujourd’hui.

    Merci pour votre témoignage et bravo pour votre courage.

    Françoise GIMENO

  • le 29 juin 2011 19:22

    Je suis prestataire indépendante.
    Je remplace les commerçants lorsqu’ils ont un imprévu, et ne peuvent ouvrir leurs commerces.
    Je m’adapte constamment, j’écoute les besoins de chacun, cela me permet de proposer des formules personnalisées.
    Là, j’ai une une annulation pour la période d’août.Déception(très passagère) je relance au maximum ma pub par courrier, journaux, il faut être vu par tout les moyens !
    A tout problème, il y a la solution !

  • le 30 juin 2011 07:28

    Vous illustrez parfaitement ce qu’est rebondir puisque vous en avez fait votre propre métier.
    L’essentiel est que vous puisiez l’énergie « renouvelable » nécessaire à cette adaptation permanente.

    J’imagine qu’en retour vous devez vivre des expériences riches.

    Merci à vous pour ce témoignage dynamisant !

    Françoise GIMENO

  • le 18 juillet 2011 13:07

    Bonjour,

    L’article est très intéressant et mériterait d’être plus développé notamment sur le fait de rebondir face à une actualité pessimiste. Les médias nous rabâche les oreilles avec des crises qui nous font craindre le pire. Quelle est l’influence de l’extérieur sur la confiance en soi ? Comment s’en libérer ?

    Je suis assez peu d’accord avec la pratique de stages car c’est, je pense, une réalité biaisée de l’emploi notamment sur la prise de responsabilités. De plus le stage est difficile à faire à plus de 50 ans quand on a travaillé toute sa vie.

    Je suis formateur et coach en improvisation théâtrale appliquée au management et la communication, j’aime le terme de « lâcher-prise ». C’est ce que je vise lors de mes interventions. Le « lâcher-prise » est le résultat de la confiance en soi et en son environnement, mais surtout la certitude que l’on est préparé à toute éventualité.

    L’improvisation théâtrale ce n’est pas ne rien préparer, c’est se préparer à tout.

    Pour moi c’est un remède contre de nombreux maux moraux.

    Vive l’impro !

  • le 27 juillet 2011 08:44

    Merci pour votre commentaire qui prouve que même pendant les vacances les lecteurs de TOULECO sont bien présents !

    Vous soulignez que « lâcher-prise » ou improvisation sont bien des outils qui permettent l’adaptation et non de simples exercices simplement destinés à « faire le vide ».

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Source : https://www.touleco.fr/Oser-rebondir-dans-sa-vie-4447