Services publics. Enedis Toulouse se lance dans une feuille de route ambitieuse pour 2025

Marianne Laigneau, la nouvelle présidente d’Enedis, a lancé en septembre le nouveau « projet industriel et humain » du distributeur d’électricité français. Stéphane Lesénéchal, directeur territorial d’Enedis Toulouse métropole, et Pierre-Éric Delage, chef de cabinet Enedis Midi-Pyrenées Sud, reviennent en détail sur cette nouvelle politique qui mise notamment sur le développement durable.

« Notre objectif est de devenir le service public préféré des Français au service de la transition énergétique. » « Le XXIe siècle sera écologique ou ne sera pas ». Pierre-Éric Delage, chef de cabinet Enedis Midi-Pyrénées Sud, n’a pas peur des grandes phrases pour défendre le nouveau projet industriel impulsé par la nouvelle présidente du directoire d’Enedis Marianne Laigneau.

En sortant du confinement en mai dernier, les employés de l’entreprise ont été enjoints de répondre à une enquête interne sur l’avenir d’Enedis. Sur les 39.000 salariés, 19.000 ont participé. Ces réponses ont servi de base à la nouvelle feuille de route de la société pour les cinq prochaines années.

Objectif neutralité carbone

Le distributeur d’électricité s’engage à respecter une série de nouveaux objectifs. Comme le laissait augurer Pierre-Éric Delage, beaucoup tournent autour de l’écologie. Enedis veut réduire son empreinte carbone de 20 % d’ici à 2025 et se fixe comme but la neutralité carbone [1] en 2050.

Pour y arriver, l’entreprise compte par exemple augmenter sa flotte de voitures électriques (2500 véhicules aujourd’hui) pour arriver aux 100 % de véhicules électriques en 2030. Autre enjeu, le remplacement des groupes électrogènes polluants utilisés lors des interventions d’urgence par des systèmes de stockage fonctionnant à l’hydrogène. En interne, l’entreprise s’engage localement à supprimer tout le plastique à usage unique dans ses locaux (gobelet, bouteille plastique) en offrant un Green pack (mugs, gobelets) à ses salariés, s’inspirant d’un projet porté l’an passé par des étudiants toulousains.

Augmenter la qualité de service

Le deuxième type d’engagement concerne la rapidité d’intervention. Le délai de raccordement électrique des nouveaux logements doit être divisé par deux d’ici à 2022 (et passer donc de six à trois mois). L’entreprise espère gagner en efficacité en numérisant toutes les étapes du processus pour le client. Pour ce qui est des interventions en cas d’incidents climatiques, l’objectif est de passer de cinq à deux jours environ pour le rétablissement du réseau. Augmenter la qualité de service pour pouvoir notamment monter dans le classement européen qualité-prix du secteur. Enedis est pour le moment septième.

« Enedis est certes en situation de monopole, mais il nous faut défendre notre modèle. Il faut toujours lutter pour maintenir la confiance des Français. Notre situation peut être remise en cause très rapidement par le politique si l’on déçoit et qu’on ne suit pas nos objectifs », affirme Stéphane Lesénéchal, directeur territorial d’Enedis Toulouse Métropole. « J’aime à dire qu’il nous faut passer du distributeur imposé au distributeur choisi », complète Pierre-Éric Delage, qui a décidément le sens de la formule.

« Les manageurs, des coachs, pas de cow-boys »

La dernière série d’engagements concerne la santé et le bien-être des salariés. Le principal est d’atteindre le zéro accident grave ou mortel d’ici à 2050 : « Il faut à la fois accepter les erreurs, car elles font partie de l’humain, tout en sanctionnant les manquements les plus graves à la sécurité », note Stéphane Lesénéchal.

Autre objectif, augmenter l’indice d’engagement des salariés (calculé régulièrement par enquête auprès d’eux) : « 58 % seulement des salariés se sentent engagés pour Enedis. L’objectif est de passer à 60 %. À notre niveau local, nous sommes à 63 %. Une des pistes d’amélioration est de travailler sur le management pour améliorer le ressenti des salariés. Les managers doivent être des coachs, des facilitateurs et pas des cow-boys avec le colt à la ceinture. Il faut avoir confiance dans l’expérience du terrain. Les managers doivent arrêter de regarder vers le haut, mais plutôt dialoguer avec leurs équipes », rappelle le directeur territorial d’Enedis Toulouse Métropole.
Rendez-vous est fixé dans dans cinq ans pour voir si une partie des objectifs ambitieux du distributeur sont bien atteints.
Matthias Hardoy

Sur la photo : Trois opérateurs d’Enedis en action. Crédits : Enedis

Notes

[1La neutralité carbone à l’intérieur d’un périmètre donné, est un état d’équilibre à atteindre entre les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine et leur retrait de l’atmosphère par l’homme ou de son fait.

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Source : https://www.touleco.fr/Services-publics-Enedis-Toulouse-se-lance-dans-une-feuille-de,29662