Sète, la Venise du Languedoc

Sète a mis en place une politique culturelle volontariste, qui porte ses fruits en matière d’image et d’attractivité. Point de vigilance : un manque d’offre sur le marché de l’immobilier.

Des canaux, la mer, l’étang de Thau, le théâtre national, le Miam (Musée international des arts modestes), le musée Paul-Valéry, la présence discrète du peintre centenaire Pierre Soulages dans sa villa du Mont Saint-Clair, des festivals à profusion… Même si elle vient de rater le titre de Capitale française de la culture 2022, au profit de Villeurbanne, Sète s’est imposée comme une place forte de la culture. « C’est le résultat d’une politique volontariste, depuis 2001, du maire (SE), François Commeinhes, qui consacre 10 % du budget de la Ville à la culture », observe l’aménageur immobilier Jean-Marc Leygue (GGL Groupe, Montpellier), qui réalise avec la SA Elit et LR Aménagement une vaste opération de requalification urbaine en entrée de ville, la Zac Entrée Est. L’Île singulière, qui fête cette année les 100 ans de la naissance de Georges Brassens, l’un de ses plus illustres enfants, sert de décor depuis une dizaine d’années à des séries télé devenues cultes, telles que Demain nous appartient et Candice Renoir. « Ces productions sont de sacrées vitrines, et ce, gratuitement et pendant des années », rigole l’agent immobilier Jacques Rossi, gérant de Gestimmo (Sète et Gigean) et animateur du réseau Le Team Méd (dix agences Fnaim dans la ville et sur le bassin de Thau).

Résidences secondaires et locations pour télétravailler
La « Venise du Languedoc », à seulement trente-cinq kilomètres de la métropole languedocienne, est devenue une destination prisée, à la fois pour de la résidence principale ou pour une résidence secondaire. Contrairement à Lunel ou Béziers, l’immobilier du bassin de Thau présente des prix élevés, proches de ceux de Montpellier. « Nous avons beaucoup de demandes de Parisiens, observe Jacques Rossi. Mais, faute de stock disponible, nous ne pouvons pas toujours y répondre. » Parmi les dernières tendances, « un couple de Toulousains travaillant dans l’aéronautique, qui a pris une location pour télétravailler en bord de mer. Mais ce n’est pas encore un phénomène massif », tempère-t-il. Inconvénient, dans le domaine de l’aménagement urbain : dans cette cité maritime où l’eau est omniprésente, « la ville sature, et n’a plus grand-chose à proposer pour de nouveaux logements. Il ne faut pas rater le projet de Zac Entrée Est, en matière de typologies d’appartements et de cible. Les quinze prochaines années de Sète vont s’y jouer. »

Connecté à la gare - transformée en pôle d’échanges multimodal -, ce quartier, symbole de reconversion d’anciennes friches industrialoportuaires, abrite déjà le nouveau conservatoire intercommunal Manitas-de-Plata. D’ici à 2035, quelque 2100 logements sont prévus (dont 25 % sociaux) sur vingt-quatre hectares, soit près de 5000 habitants, pour une ville qui en compte 43.000. Un projet ambitieux, pour cette presqu’île à l’identité très marquée. « Ici, vous plantez un parasol, et une association d’opposants se crée », sourit François Commeinhes. Les rivalités entre pêcheurs ont d’ailleurs longtemps rythmé le quotidien, entre, d’une part, les « Pointus » de la Pointe Courte, originaires des villages voisins, et, d’autre part, les familles venues des villages italiens de Gaeta et Cetara (côte amalfitaine) au XIXe siècle. Depuis, Sète est devenu le premier port de pêche de la Méditerranée française, avec une flotte de quatorze chalutiers et dix-huit thoniers.
Hubert Vialatte
Sur la photo : Le port de Sète. Crédit : Adobe stock - Fred34560

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Source : https://www.touleco.fr/Sete-la-Venise-du-Languedoc,31741