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Publié le lundi 11 mars 2019 à 18h22min par Béatrice Girard

A Toulouse, le permis de construire de la tour Occitanie va être passé au crible de l’enquête publique

C’est une surprise : le permis de construire de la tour Occitanie que les élus espéraient obtenir fin 2018, figure finalement à l’enquête publique de la première tranche de Teso qui s’ouvre le 14 mars. Explications.

A la veille de l’ouverture de l’enquête publique de la première tranche de Teso (Toulouse euro sud-ouest) qui s’étend sur neuf hectares, c’est une contrariété pour les élus et une petite victoire pour les opposants au projet. Le dispositif de concertation de ce gigantesque projet urbain, situé en plein cœur du quartier de la gare, doit se dérouler du 14 mars au 30 avril prochain. Mais la préfecture y a finalement intégré le sujet de la Tour Occitanie. Richard Mébaoudj le président de l’association Non au gratte-ciel de Toulouse y voit, « le résultat d’une mobilisation sans faille ».

« Souvenez-vous, jusqu’à présent le maire de Toulouse estimait que la concertation avait déjà eu lieu à ce sujet, dans le cadre de l’enquête du PLU en 2016. Nous n’avons eu cesse d’alerter la préfecture, au contraire, sur le manque de concertation citoyenne et cela a finit par payer », estime-t-il. Pas sûr que la nouvelle soit de nature à remettre totalement en question la future tour, mais selon Richard Mébaoudj, « c’est un moyen de gagner du temps pour nous et d’en perdre pour la collectivité, car sans cela le permis aurait sans douté déjà été accordé. »

Les élus veulent rester sereins

Le permis de construire de l’ouvrage de 30.000 m² dessiné par l’architecte américain Daniel Libeskind et construit par le promoteur Compagnie de Phalsbourg sur le site de l’ancien Tri Postal, avait en effet été déposé en juillet 2018. Les élus de Toulouse Métropole tablaient alors sur un démarrage des travaux au premier semestre 2019. Jean-Michel Lattes, premier adjoint au maire qui a repris la main sur la concertation en juin dernier, se dit serein, même s’il reconnaît « qu’il pourrait quand même y avoir des changements à la marge dans le projet. » La collectivité s’est en effet adjoint les services d’un organisme de médiation indépendant (Néorama) pour renouer le lien avec les associations de riverains.

« Nous avons réuni les treize associations concernées et leur avons proposé un cycle de concertation. Nous les rencontrons régulièrement et le processus semble leur convenir », estime l’élu. Une « concertation moyenne » pour le représentant de l’association Non au gratte-ciel. « Un seul atelier a eu lieu et a été écourté car nous ne disposions pas d’éléments suffisants, d’autres auront lieu après l’enquête publique, mais nous comptons bien mettre cette période à profit pour alerter les commissaires enquêteurs sur les points qui nous semblent problématiques. Notre objectif est qu’il y ait le plus de réserves possibles », prévient-il.
Béatrice Girard

Sur la photo : Le permis de construire de la future tour Occitanie sera finalement examiné dans l’enquête publique. Crédits : Studio Libeskind/Cie de Phalsbourg.

Les cinq points de l’enquête publique :

  • L’aménagement de la partie sud de la rue Raynal
  • la mise en comptabilité entre la déclaration d’utilité publique et le PLU, (pour valider si l’espace de 9 hectares est compatible avec le PLU, quelles seront les hauteurs de construction, combien de logements sociaux seront construits…)
  • déterminer les parcelles à déclarer cessibles
  • le classement et déclassement des voiries
  • le permis de construire de la tour Occitanie