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Publié le mardi 9 octobre 2018 à 19h20min par Armelle Parion

« Un Institut en Intelligence Artificielle constituerait une belle vitrine des savoir-faire à Toulouse »

Le professeur Nicholas Asher, directeur de chercheur au CNRS et membre de l’Irit, l’Institut de Recherche en Informatique de Toulouse, pilote le projet d’institut en intelligence artificielle de la ville. Nom de code : 3IA.

Toulouse aura peut-être bientôt son Institut Interdisciplinaire d’Intelligence Artificielle (3IA). Vous venez de déposer un dossier suite à l’appel à manifestation d’intérêt lancé par l’Etat. Quand saura-t-on s’il est retenu ?
Si le potentiel de notre site est jugé suffisant pour porter un institut interdisciplinaire en IA, le projet sera labellisé, et nous devrons répondre à un appel à projets avant le 4 décembre. Trois ou quatre sites seront sélectionnés, dont un ou deux à Paris. Le 3IA pourrait alors ouvrir à l’automne 2019.

A quoi cet institut sera-t-il destiné ?
Il repose sur deux parties, l’une dédiée au « blues skies research », et l’autre à des programmes intégratifs, reposant sur la synergie entre industriels et acteurs académiques. Le cœur névralgique du 3IA s’établira probablement sur le campus de l’université Paul Sabatier, dans la Maison de la recherche et de la valorisation.

Qui seront les partenaires de cet institut ?
Le Laas-CNRS, l’Institut de Mathématiques (IMT) et l’Irit en seront les moteurs principaux. Plusieurs clusters dont l’IRT Saint-Exupéry et Aerospace Valley sont très impliqués. Nous avons également reçu des lettres d’intention de la part de grands industriels comme Thales, Airbus, Continental, Renault, mais aussi Actia Group, Syngenta, Biogemma et Berger-Levrault dans le secteur de l’environnement ; Linagora, CGI, Capgemini, Qwant, Athos, Sopra Steria, Altran, Scopelec et IBM dans les services ; Pierre Fabre et le CHU de Toulouse en santé. Nous avons choisi le transport comme secteur pour porter l’institut, mais aussi l’environnement et la santé.

Avec quel budget fonctionnera t-il ?
Nous visons un budget de 20 millions d’euros par an pendant les quatre premières années. Il s’agit d’un cofinancement porté à un tiers par l’Etat, à un tiers par les établissements publics, et à un tiers par les partenaires industriels.

Quels sont les arguments en faveur d’un institut à Toulouse ?
Nous avons besoin de former des ingénieurs et des techniciens en intelligence artificielle en France. Toulouse, avec ses quatre universités, ses six écoles d’ingénieurs, et ses 100.000 étudiants, constitue un bon vivier. Nous sommes leader dans les transports, mais peu connus en intelligence artificielle. Cet institut représenterait une belle vitrine pour les entreprises qui ont des difficultés à embaucher en IA. Un tiers des diplômés de masters en IA partent à Paris. Nous souhaitons favoriser l’émergence de start-up, et augmenter l’offre de formation continue. Mais il faudrait aussi augmenter le flux des étudiants en mathématiques et en informatique se destinant à l’IA, en sensibilisant dès le niveau secondaire, afin de renforcer les filières en amont.

Quelles sont les spécialités de Toulouse dans le domaine de l’IA ?
Plus de 500 chercheurs et plus de 400 personnes du privé travaillent autour de l’IA. Nous sommes mondialement reconnus pour la robotique, mais également en pointe en intelligence artificielle symbolique et en optimisation et techniques mathématiques. Enfin, nous sommes cinquième au monde en télédétection (images des satellites). Nos travaux de structuration de l’écosystème des données, à travers le projet Datapôle initié par la Région, sont également des atouts.
Propos recueillis par Armelle Parion

Sur la photo : Nicholas Asher, directeur de chercheur au CNRS et membre de l’Irit, l’Institut de recherche en informatique de Toulouse, pilote le projet d’Institut dédié à l’intelligence artificielle à Toulouse. Crédits : DR.