ToulÉco

Publié le dimanche 16 avril 2017 à 20h00min par Julie Rimbert

Occitanie. La Georgette continue de révolutionner les arts de la table

article diffusé le 22 mars 2017

Après avoir été primée au concours Lépine en 2016, la Georgette s’est écoulée à 50.000 exemplaires en 2016. Une consécration pas seulement économique pour son inventeur ariégeois Jean-Louis Orengo, puisque son drôle de couvert est au cœur d’une étude sociologique.

Lundi 20 mars, soixante-deux élèves de premières bac pro cuisiniers et serveurs du lycée professionnel Renée Bonnet ont servi une vingtaine de chefs étoilés d’Occitanie. Ces derniers sont venus tester les usages de la Georgette au cours d’un repas préparé par Franck Renimel, Yannick Delpech et François Bourgon. C’était le troisième repas expérimental autour de ce drôle de couvert mi-cuillère, mi-fourchette, mi-couteau, qui a déjà été testé par des enfants et des femmes.

« Les premières années, on ne vendait qu’un millier de Georgette par an », rappelle Jean-Louis Orengo, le naturaliste ariégeois qui a eu l’idée de ce couvert en 1998 après une expédition dans le Grand Nord. « Son usage depuis une dizaine d’années par des grands chefs, comme Alain Ducasse et Franck Rénimel, lui donne une crédibilité, mais avec ce partenariat avec le lycée Renée Bonnet, j’affirme mon intérêt pour la transmission des connaissances et des savoir-faire ».

Explosion des ventes en 2016

Les remarques sur ces trois repas expérimentaux seront décortiquées par Jean-Pierre Poulain, professeur de sociologie à l’université Toulouse Jean-Jaurès. « Les manières de table sont des mises en scène des valeurs fondamentales d’une société et d’une époque donnée. Dans ce contexte, l’apparition d’un ustensile de table comme la Georgette et son éventuelle adoption sont des événements sociologiques qui nous parlent tout autant de la gastronomie et de l’art de vivre que de la mutation des sociétés ».

Après avoir investi en en 2016 les tables de l’Elysée, la Georgette continue donc à séduire les chefs étoilés mais aussi le grand public. « Suite à l’obtention de la médaille Lépine, nos ventes ont explosé en 2016 avec 50.000 exemplaires vendus, tous modèles confondus, contre 15.000 en 2015 », détaille Jean-Louis Orengo. « Pour continuer notre développement, nous avons crée un modèle Aventure, plus léger et accessible aux gauchers comme aux droitiers, particulièrement utile lors d’une randonnée ».

La société Model’nature, qui commercialise les Georgettes aux particuliers et auprès de la centaine de points de distribution en France, affichait en 2016 un chiffre d’affaire supérieur à 200.000 euros, contre 130.000 euros en 2015. Pour la société Tracks & Georget, qui travaille sur l’export et auprès des professionnels, le chiffre d’affaires s’élevait à 121.400 euros en 2016, contre 19.314 euros en 2015.
Julie Rimbert

Sur les photos : Une vingtaine de chefs étoilés d’Occitanie a participé à ce repas expérimental le 20 mars autour de la Georgette au lycée professionnel Renée Bonnet. Crédits : Cyril Zekser.