ToulÉco

Publié le mardi 3 octobre 2017 à 21h35min par Isabelle Meijers

Toulouse. Le Centre Leclerc de Roques mène son hyper révolution

Un chantier de 15 millions d’euros s’ouvre en janvier 2018. Le déclin du modèle de l’hypermarché pousse le président du centre Leclerc de Roques à repenser son offre de fond en comble. Le secteur produits frais devrait concurrencer les marchés historiques toulousains.

Pascal Payraudeau est fier de présenter sa toute nouvelle cave à vins, « l’une des plus grandes au monde », affirme-t-il. Il faut dire que le nouvel écrin contemporain de bois blond et de verre de 900 m², triplés par rapport à sa surface initiale, a de quoi impressionner. Près de 25.000 bouteilles sont exposées, on y trouve également des grands whiskies, rhums ou armagnacs, tandis que la réserve abrite près de 100.000 bouteilles, dont des crus prestigieux. « Nous avons aussi intégré une micro-brasserie, visible derrière une surface vitrée, où le Leclerc de Roques brasse sa propre bière, la Roqueuse », s’amuse Pascal Payraudeau, président du centre Leclerc de Roques sur Garonne, par ailleurs très grand amateur de vins au point de posséder son propre domaine à Tautavel en Roussillon. Cette cave à vins dernier cri représente un investissement phare de 4,2 millions d’euros. Mais surtout la première phase d’une révolution en marche au Leclerc de Roques, un géant de 14.000 m2 employant 400 salariés.

La fin annoncée de l’hypermarché traditionnel

« Le modèle de l’hypermarché s’essouffle. Depuis trois années, notre chiffre d’affaires, porté à 120 millions d’euros en 2016, est en baisse de près de 1% annuellement. J’ai donc fait le tour d’Europe de tout ce qui se fait d’innovant dans la grande distribution. Le projet a ainsi mûri et devrait débuter en janvier 2018 pour une inauguration à l’automne », explique Pascal Payraudeau. Tout sera refait du « sol au plafond » progressivement, sans fermeture du magasin.

Concurrencer les marchés Victor Hugo ou les Carmes

Le premier chantier auquel s’est attelé le dirigeant est de raccourcir le parcours client par une entrée directe dans l’hypermarché depuis le parking, grâce à un nouvel escalator stratégiquement situé à côté de la cave à vins. « D’un grand hyper, on redonne ainsi une dimension de proximité. » Ensuite, il a cherché à créer la différence dans le secteur alimentaire, qui pèse pour 60% du chiffre d’affaires. « Nous allons attirer la clientèle des marchés de plein vent, nous souhaitons concurrencer Victor Hugo ou les Carmes par une proposition d’un très grand marché frais qualitatif avec des produits locaux cuisinés ou transformés sur place », détaille Pascal Payraudeau.

Une offre de restauration et de divertissements

Devant le client seront fabriquées des pâtes fraîches, des pizzas. « Le travail sera visible. Le saumon sera fumé par nos soins, les pains sortiront chauds de fours maison. Un stand rôtisserie, un rayon traiteur frais, une boucherie, une poissonnerie proposeront des animations, des rencontres » poursuit le président du centre Leclerc de Roques sur Garonne. Et inspiré de la chaîne tendance qui se lance à Paris « Eataly », un restaurant, où seront servis les plats des rayons frais, sera créé au centre de l’hyper.

Une page de l’histoire de la distribution se tourne. Il s’agit désormais de privilégier l’expérience clients. Sur la partie non alimentaire, des lieux « concept-experts » animés par des spécialistes formés émailleront le parcours client. « Par exemple, un univers bébé ou jouets, ainsi qu’une mise en scène autour des arts de la table sont prévus. »

Enfin, fidèle au pari Leclerc d’une consommation omnicanale (pas d’internet sans point de vente physique), le client pourra venir en magasin récupérer sa commande passée sur le net ou utiliser le « drive », qui occupe 10% du chiffre d’affaires aujourd’hui. Les prix bas, qui restent « l’ADN de l’enseigne Leclerc », ne devraient pas être affectés par ces changements. « Nous nous finançons par l’emprunt et prévoyons un amortissement sur dix à douze ans », rassure Pascal Payraudeau. Une hausse du chiffre d’affaires de 10% annuels pendant les trois premières années est attendu. Un pari ambitieux pour infléchir la tendance à la désaffection.
Isabelle Meijers

Sur la photo : Pascal Payraudeau, président du centre Leclerc de Roques, inaugure sa cave à vins. Il vient également d’ouvrir à Saint-Lys un nouveau Centre Leclerc de plus petite taille. Crédits : Hélène Ressayres - ToulÉco