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Publié le mercredi 29 novembre 2017 à 19h30min par Audrey Sommazi

Toulouse Métropole défend sa politique culturelle jusqu’en 2020

Jean-Luc Moudenc a présenté la politique culturelle de la métropole toulousaine à l’horizon 2020. Avec un budget « contraint », il prévient que de nouvelles ressources financières doivent être trouvées.

Vingt-sept festivals de cinéma, des théâtres, des rencontres littéraires, des musées mais aussi la Cité de l’Espace, le TNT, et Rose Béton, le festival du graff désormais en biennale avec le Printemps de Septembre… A l’occasion d’une conférence de presse, le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole a énuméré les équipements culturels et leurs manifestations pour montrer « l’éclectisme » de la ville.

« Il existe une grande diversité de thématiques et une myriade d’évènements », s’est-il félicité. Avec une part de 292 euros par habitant, Toulouse est largement supérieure à celui de la France, dont la dépense moyenne est de 148 euros. ». Même s’il reconnait que la ville ne programme pas un évènement de notoriété nationale, comme la Fête des Lumières à Lyon, il défend ce « pluralisme ».

Cinq pôles d’action d’ici trois ans

D’ailleurs, c’est la conclusion que partage les 1000 acteurs de la culture et les trente-sept communes de la métropole, auditionnés et entendus afin de déterminer les perspectives culturelles de la ville. A la suite de ces rencontres, cinq pôles d’actions ont été dégagés sur les trois années à venir : les savoirs, les musiques, les cultures émergentes, l’image et le patrimoine.

Le budget annuel prévu est d’environ 145 millions d’euros par an jusqu’en 2020 (79 millions supportés par la Ville, 64 par la Métropole). Pas de hausse en perspective. Car, prévient le maire, « nous sommes tous, État et collectivités, entrés dans un cycle contraint de budget public et durablement ».

Différentes pistes de financement

« Nous maitrisons nos dépenses de fonctionnement. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir une ambition culturelle, tout en fédérant les équipements et en rationalisant les moyens », insiste Francis Grass, élu en charge de la culture, précisant qu’aucun festival n’a été déprogrammé.

Aussi, la ville se doit de trouver de nouvelles ressources financières, martèle le maire. Utiliser les jeux de hasard, comme le loto, pour financer la rénovation du patrimoine français ? Une idée que partage avec Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, Jean-Luc Moudenc. Faire payer l’entrée des cathédrales ? « Il faut avancer prudemment sur cette question. Je ne suis pas opposé à cette idée à la condition qu’elle n’empêche pas la démarche spirituelle », ajoute le maire. Faire appel au mécénat ? Une pratique déjà instaurée qui a permis de réunir 1 million d’euros sur deux ans et contribué au financement de la Piste des Géants, notamment.

Augmenter les tarifs des entrées des musées et festivals, comme celui de Rio Loco (10 euros le ticket désormais, contre 5 euros en 2017) ? Une possibilité, effectivement. Mais Jean-Luc Moudenc avance la carte "musée libre" qui offre la gratuité aux Toulousains aux établissements culturels qui appartiennent à la ville, le week-end.
Audrey Sommazi

Sur la photo : L’entrée au festival Rio Loco sera désormais de 10 euros, au lieu de 5 euros lors de la dernière édition. Crédits : Rio Loco

L’état d’avancement des projets

Le fonds Dieuzaide au Château d’eau
En juin 2016, la ville fait l’acquisition du fonds photographique de Jean Dieuzaide. Et c’est une extension du Château d’eau, lieu d’exposition de photographies ouvert en 1974 sous l’impulsion de Jean Dieuzaide lui-même, qui l’hébergera. Un challenge technique à réaliser puisque le bâtiment est classé aux Monuments historiques et est situé près de la Garonne. Selon l’étude de faisabilité, le projet est réalisable.

La Cinémathèque
A l’étroit dans ses locaux, deux options ont été retenues. La surface du centre de conservation de Balma, qui appartient au Conseil départemental de la Haute-Garonne, devrait être augmentée et l’espace rue du Taur, propriété de la ville, optimisé. En effet, la bibliothèque devrait être transformée en salle de diffusion. Mais il reste à déterminer des questions techniques et financières (coûts et investissements). « On veut une approche globale. Chaque collectivité contribuera », assure Jean-Luc Moudenc.

La cité des arts à la Grave
L’idée de la mairie est de transformer la chapelle Saint-Joseph en Cité des arts. Les travaux ont démarré pour une durée de deux ans.