Adossée à la face sud du pic du Midi de Bigorre à 2620 mètres d’altitude, en avant-scène de la chaîne des Pyrénées, l’ancienne hôtellerie des Laquets fait partie intégrante de l’histoire du pic. Construite dans les années 1930 par la Compagnie des chemins de fer, elle a été l’indispensable étape pour des milliers de marcheurs, scientifiques et amoureux des Pyrénées, lancés à l’assaut de la montagne. L’hôtellerie a notamment vu passer les emblématiques expéditions menées par le physicien Bernard Lyot et ses « sherpas Pyrénéens ». Rémunérés 5 francs du kilo porté, ils acheminaient au sommet les imposantes pièces de ce qui est toujours le plus grand coronographe de France pour observer la couronne solaire.
Mais, à l’aube des années 1990, le pic du Midi, en proie à d’importantes difficultés économiques, frôle la fermeture. Un sort funeste qui n’épargne pas l’hôtellerie des Laquets. Elle-même ferme ses portes en 1996. Le site passe entre-temps sous la gestion du syndicat mixte de valorisation touristique du pic du Midi, qui multiplie les investissements – estimés à 38 millions d’euros – grâce à la mobilisation des communautés scientifiques et touristiques, pour permettre la rénovation de ses installations.
En 2003, le toit des Pyrénées est classé site naturel national au titre de la beauté de son paysage et devient
la première réserve internationale de ciel étoilé en France. L’hôtellerie des Laquets, elle, reste toujours porte close, mais plus pour longtemps. Après le succès de l’ouverture du pic du Midi aux touristes, sa réouverture est rapidement envisagée par le syndicat.
« Nous avons acté les premières études pour sa rénovation en 2019 », indique Daniel Soucaze des Soucaze, le directeur général du pic du Midi. « Mais encore fallait-il trouver une formule à la fois rentable et complémentaire de l’expérience scientifique proposée au pic, pour ce lieu qui s’inscrit dans le périmètre de la candidature au classement Unesco entamée en 2014. »
Lancés en 2022, les travaux sont désormais en voie d’achèvement et la réouverture est annoncée pour septembre 2026. Quelque 12 millions d’euros ont été investis pour construire un ascenseur monocabine et transformer l’ancien gîte de montagne en hôtel quatre étoiles exclusif, d’à peine seize chambres. En septembre prochain, pour les premiers clients, le voyage commencera donc à l’observatoire du pic du Midi qu’ils auront la possibilité de visiter en autonomie, avant de rejoindre l’hôtel en contrebas par un ascenseur privé de quinze places.
« L’expérience sera exclusive et contemplative dans un écrin qui offrira une vue imprenable sur le pic du Néouvielle et toute la chaîne des Pyrénées depuis chacune des chambres », avance Vincent Doutre, le directeur communication du site. La bâtisse historique des Laquets, agrandie et rénovée, dispose aussi d’un espace bien-être avec sauna et hammam, posé derrière une immense baie vitrée ; et pour l’été, de quatre-vingts mètres carrés de terrasses en belvédère. À noter, en point d’orgue, l’ouverture en même temps d’un restaurant gastronomique dont la carte est signée par le restaurateur toulousain étoilé Stéphane Tournié.
Béatrice Girard
Sur les photos :
* L’hôtel des Laquets sera accessible été comme hiver par un ascenseur via le Pic du Midi.
* L’hôtel des laquets, en contrebas, offre une vue directe sur le Pic du Midi.
* Chacune des seize chambres dispose d’une vue imprenable sur les Pyrénées et le Pic du Néouvielle.
Crédits : Crédits photos : Archi 360, Élodie B et P. Meyer - AE Médias



