À Toulouse, Prevaly est aussi au chevet des dirigeants

Partager cet article

Prevaly dévoile son premier baromètre de la santé au travail sur la région toulousaine. Parmi les nombreux sujets traités par l’étude figure notamment la santé mentale des dirigeants. Pour accompagner les patrons en souffrance, le service de santé au travail propose un dispositif nommé Adele.

Crise climatique, révolution de l’IA, soubresauts politiques ou internationaux, la période inquiète de nombreux salariés... mais aussi leurs patrons. C’est ce qui ressort notamment du premier baromètre de Prevaly, le service de santé au travail de la région toulousaine. S’occupant de plus de 420.000 salariés et 25.000 entreprises, Prevaly est « un bon poste d’observation » des inquiétudes qui traversent le monde du travail, ses travailleurs, mais aussi ses dirigeants.

Depuis plusieurs années, le service de santé au travail envoie, deux fois par an à l’ensemble de ses dirigeants adhérents, un questionnaire sur la santé mentale [1] élaboré avec l’Observatoire Amarok. En 2025, 37 % des répondants sont concernés par un risque d’épuisement élevé à très élevé et 45 % présentent une balance négative, c’est-à-dire davantage de facteurs de stress que de facteurs de satisfaction.

Les éléments jugés comme les plus stressants par les dirigeants sont la surcharge de travail (cité par 61 % des répondants), la baisse de l’activité commerciale (34,9 %), la pression fiscale (34,7 %) ou les conflits avec les salariés (33,8 %). « Quand le dirigeant s’épuise, c’est souvent toute l’organisation qui se fragilise. Beaucoup de dirigeants ont le sentiment d’être seuls à piloter toutes les décisions, sans toujours pouvoir s’appuyer sur un regard extérieur ou partager leurs doutes [...] L’enjeu est donc d’identifier les signaux suffisamment tôt : fatigue persistante, isolement, perte de recul, sentiment de ne plus y arriver ou difficulté à décider », analyse le docteur Séverine Lahille, médecin du travail chez Prevaly.

« La santé mentale est un sujet de moins en moins tabou »

Cette dernière est référente du dispositif Adele, cellule de soutien aux dirigeants composée de professionnels de santé formés spécifiquement à l’accompagnement des dirigeants (médecins du travail, psychologues, assistants sociaux, accueillants, etc.). « Avec Adele, nous partons d’un questionnaire qui permet d’objectiver le niveau de risque. Lorsque le seuil d’alerte est atteint, une prise en charge globale est proposée par des professionnels formés à l’accompagnement spécifique des dirigeants, afin de ne pas les laisser seuls face à la situation », explique le docteur Lahille.

92 dirigeants ont été accompagnés par la cellule Adele en 2025, contre seulement soixante en 2024. « On sent que la santé mentale est un sujet de moins en moins tabou pour les dirigeants. Ils osent de plus en plus parler de leurs difficultés », estime la présidente de Prevaly, Céline Bon, elle-même dirigeante d’une entreprise dans l’aide à la personne et membre du Medef de Haute-Garonne.
Matthias Hardoy

Photo d’illustration : Herbert II Timtim Pixabay.

Notes

[1] 2025 a vu une hausse de 11 % des dirigeants l’ayant complété. En 2025, 461 dirigeants ont répondu contre 414 en 2024. Ce qui reste toutefois peu de dirigeants. Signe d’un sujet encore un poil tabou.

Réagir à cet article

Source : https://www.touleco.fr/Sur-Toulouse-Prevaly-est-aussi-au-chevet-des-dirigeants,54126