Pour ses dix ans, le grand procès d’une RSE « dans le creux de la vague »

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Le grand procès de la RSE est organisé le mardi 9 juin au conseil départemental de Haute-Garonne. Le thème de la démocratie en entreprise sera débattu à l’occasion de cet acte 10 de l’événement. L’occasion de faire un bilan sur l’évolution de la responsabilité sociétale des entreprises.

Dix ans qu’elle est jugée sous différents angles. Ce n’est pas de l’acharnement, mais plutôt une volonté de pousser les acteurs socio-économiques et les curieux à se questionner sur les grands enjeux liés à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Le grand procès de la RSE célébrera le mardi 9 juin 2026 sa dixième édition. Cette année, c’est le thème de la démocratie en entreprise qui a été choisi, avec comme accusation : « complicité de pratiques anti-démocratiques ». Tous les codes d’un véritable procès sont repris au sein du conseil départemental de Haute-Garonne. Tout est factice, c’est le public qui votera la délibération pour définir si oui ou non la RSE est coupable. Depuis la création de l’événement, elle a été condamnée une seule fois, en 2023, sur le thème de la gouvernance responsable.

Pour permettre aux spectateurs de faire un choix, des témoins interviendront. Ce rôle sera assuré, notamment, par Myriam Joly, de l’entreprise tarnaise Missègle, et Mohamed Saadallah, président de l’association lotoise Apeai-Adar. Ils partageront leurs expériences et points de vue sur la question du jour, sous la gouverne de Marie-Christine Monnoyer, professeure à l’université de Toulouse, qui s’improvisera présidente de l’assemblée.

Pour que le débat avance et soit constructif, l’association Planet’RSE, à l’origine de l’événement, propose une journée « d’instruction publique » le mardi 26 mai. Elle se fera sous forme d’ateliers, avec comme objectif de donner les clés et le vocabulaire nécessaire au public pour comprendre et décrypter au mieux le sujet. Pour Thierry Faba, président de l’association, la RSE peut se définir comme la capacité d’une entreprise à « trouver le bon équilibre entre la relation aux hommes, à la planète et à l’argent ». La définition est volontairement large, tout comme le concept qu’elle décrit, qui a lui-même bien évolué depuis dix ans.

Une évolution contrastée

« À l’époque, la RSE était critiquée et pas du tout bien portée au niveau des institutions à Toulouse », se remémore Thierry Faba. C’est ce qui le pousse, en 2015, à partir d’une idée de Daniel Luciani, à lancer le premier grand procès pour « compenser le manque de notoriété ». Au fil des années, le concept de responsabilité sociétale s’est démocratisé chez les acteurs concernés, mais sa mise en place reste variable : « En dix ans, il y a eu des périodes un peu plus sympathiques que d’autres, mais là, depuis presque un an, on est de nouveau dans le creux de la vague. » Pour le Toulousain, l’Europe avait pris des décisions plutôt intéressantes dans le domaine de la RSE, avant de « remettre en question » certains progrès réalisés. En 2025, l’Union Européenne a, par exemple, fait un rétropédalage sur la CSRD, qui oblige les entreprises à publier des rapports sur les questions environnementales, sociales et de gouvernance, en passant d’environ 50.000 entreprises concernés à seulement 10.000.

La façon dont le grand public perçoit la RSE a également évolué : « Les enjeux climatiques ont donné une image beaucoup plus environnementale à la RSE. Avant, on ressentait plus le côté social. » Évidemment, la responsabilité sociétale est étroitement liée aux réglementations qui régissent le monde des entreprises, ainsi qu’à l’actualité en général. « En 2019, on a vu l’impact de la loi Pacte, elle a rendu la RSE un peu incontournable. » Cette réforme visait à réglementer les aspects économiques, sociaux et environnementaux des entreprises. En guise d’illustration de cette popularité, les propositions que reçoit régulièrement l’association : « On nous demande de dupliquer le grand procès dans d’autres villes. Ça fait quelques années qu’on en parle, mais on ne s’est pas encore organisé pour le faire. » En attendant, Thierry Faba compte bien faire perdurer l’événement à Toulouse : « On veut maintenir chaque année ce rendez-vous, avec des thématiques qui épousent l’actualité de la RSE. »
Théo Gassier

Sur la photo : Une précédente édition du Grand Procès de la RSE. Crédit : DR.

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Source : https://www.touleco.fr/Dans-le-creux-de-la-vague-le-grand-proces-de-la-RSE-fete-ses-10,51856