ToulÉco

Publié le dimanche 19 janvier 2020 à 17h53min par Martin Venzal

En 2020, la CCI Occitanie va (encore) devoir faire mieux avec moins

Mises au régime progressif depuis 2012, les chambres de commerce et d’industrie vont encore subir une baisse de budget cette année. Pour le président de la CCI Occitanie, l’autorité consulaire doit changer son modèle économique.

Les années se suivent et se ressemblent pour les Chambres de commerces et d’industrie de France et d’Occitanie. Subissant depuis 2012 une baisse drastique de leurs dotations publiques, celles-ci doivent s’adapter ou périr, avec un budget encore amputé cette année. « La baisse est organisée en national : elle a été de près de 100 millions d’euros en 2019 et elle sera encore de 80 millions d’euros cette année », constate le président de la CCI Occitanie Alain Di Crescenzo. « C’est bien simple : nous allons passer d’un budget national de 3,4 milliards d’euros en 2012 à 380 millions d’euros en 2022. »

Ces réductions se font également sentir en Occitanie, avec sur la même période un budget qui va passer de 117 millions à 28,5 millions d’euros. « Ce n’est pas soutenable par le réseau national qui va être à genoux et c’est anti-économique », s’insurge Alain Di Crescenzo qui rappelle que 1200 personnes travaillent actuellement dans les chambres de la région. « Les CCI sont des organismes rentables. Doit-on balayer un organisme public qui coûte aussi peu d’argent ? »

S’adapter ou périr donc. Le président de l’autorité consulaire choisit la première option. « Il faut que l’on fasse mieux avec moins. Nous allons changer notre modèle économique », dit-il. « Tout l’enjeu sera de lancer des prestations tarifées sans pour autant entrer en concurrence avec nos propres ressortissants. » La CCI va étudier comment prodiguer du conseil aux entreprises dans des secteurs encore peu couverts. « Par exemple, nos commerces sont encore en retard sur le digital ». Ainsi, un contrat d’objectifs et de moyens a été signé avec l’Etat, le tout en transparence avec le conseil régional d’Occitanie, avec plusieurs missions à la clé : l’entrepreneuriat, l’appui aux sociétés dans les mutations, l’international ou encore l’appui aux territoires.

Pour cela, la CCI forme ses propres équipes (400.000 euros ont été investi en ce sens) et doit faire évoluer son propre centre de formation à l’apprentissage. Celui-ci sera externalisé au sein d’une association à but lucratif, afin de pouvoir entrer dans un système soumis à la concurrence. « 2020 sera une année intense. Nous allons devoir nous mobiliser », conclut Alain Di Crescenzo.
Martin Venzal

Sur la photo : Alain Di Crescenzo, président de la CCI Occitanie souhaite que le gouvernement recule sur son souhait de réduire la dotation des CCI de 400 millions d’euros d’ici 2022. Crédits : Lydie Lecarpentier - DR.

Sur l’aéroport Toulouse Blagnac

Que pense Alain Di Crescenzo de l’arrivée d’Eiffage dans le capital de l’Aéroport Toulouse Blagnac ? « Il ne faut pas renier l’époque Casil, pendant laquelle ATB s’est bien développé », explique-t-il, rappelant tout de même qu’il était « contre la privatisation de l’aéroport ». Mais avec le recul, la greffe ne pouvait pas prendre : « les questions de gouvernance étaient compliquées et les collectivités n’étaient pas prêtes à la privatisation, sans oublier le choc culturel avec les Chinois
Maintenant, on repart avec un investisseur français : c’est une nouvelle aventure pour l’aéroport avec une belle partie qui s’ouvre à présent. »