L’histoire commence, en 1985, sur une intuition. Celle d’un médecin propriétaire de terres agricoles, qui cherche dans les années 1980 une fertilisation 100 % naturelle en valorisant les déchets organiques de son exploitation. Il monte alors une plateforme de compostage expérimentale et lance un premier produit, baptisé Fuméco, pour fumier écologique.
À mesure que la collecte de déchets végétaux se structure sur le territoire, l’entreprise change d’échelle : broyage en déchetterie avec des machines mobiles, acheminement sur site, compostage, puis criblage, assemblage, ensachage et distribution. Aujourd’hui, Fumeco maîtrise l’ensemble de la chaîne et mise sur un compostage long. Chaque année, environ 20.000 tonnes de déchets verts sont traitées, pour produire environ 10.000 tonnes de compost destiné aux terreaux, substrats, paillages ou aux mélanges sur mesure.
Depuis 2000, Thomas Fournial, neveu du fondateur, pilote l’entreprise qui compte aujourd’hui vingt salariés sur un site de cinq hectares, avec un chiffre d’affaires d’environ 3,8 millions d’euros en 2024. La PME vend une soixantaine de références sous trois marques, et distribue majoritairement dans un rayon d’environ 250 km autour d’Artigat, via jardineries et enseignes de bricolage.
Du terreau aux innovations
Si près de 70 % des volumes sortent en sacs via jardineries et enseignes de bricolage, Fumeco accélère aussi sur le marché professionnel : paysagistes, collectivités, chantiers urbains et mélanges sur mesure. L’entreprise revendique une expertise agronomique capable de formuler des mélanges adaptés aux contraintes des maîtres d’œuvre. L’entreprise intervient sur des projets de toitures et terrasses végétalisées, des aménagements urbains ou encore des projets agricoles et viticoles. Parmi ses références : des projets de la métropole toulousaine dont la place Wilson, le tramway, l’île ô Jardins à Borderouge, rue d’Alsace-Lorraine…
C’est dans cette logique qu’intervient la collaboration avec MicroTerra, spécialiste du compostage à la ferme. Deux solutions sont annoncées : Technoterra, une “litière” multi-couches conçue pour recréer un sol vivant en ville, et Terrraline, une chaussette biodégradable remplie de compost, destinée à filtrer les eaux pluviales et limiter l’érosion et structurer des plantations en alternative à des solutions plus rigides.
Les premiers essais sont prévus au printemps auprès de prescripteurs architectes paysagistes, avec une ambition de mise sur le marché à la prochaine rentrée. Dans un contexte de demande croissante en solutions durables, Fumeco renforce aussi son outil industriel : l’investissement récent dans une seconde ensacheuse a doublé la capacité de production pour mieux absorber les pics saisonniers et sécuriser les délais.
Le cap, résume Thomas Fournial, est celui d’une PME qui veut “apporter des solutions fiables et performantes” dans un contexte de contraintes climatiques inédites, en restant fidèle à ses fondamentaux : économie circulaire, proximité, qualité, et innovation continue.
Valérie Ravinet
Sur la photo : L’équipe Fumeco, dirigée par Thomas Fournial. Crédits : Fabrice Aygalenq.
Voir en ligne : fumeco
